Peut-on vacciner un patient sous chimiothérapie anticancéreuse ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • Il est recommandé que les personnes qui vont recevoir ou qui sont en cours de chimiothérapie soient vaccinées contre la grippe et contre le pneumocoque
  • En revanche, les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués pendant la durée de la chimiothérapie et dans les mois suivants
  • Après la chimiothérapie, la mémoire immunitaire induite par les vaccins antérieurs ayant pu être amoindrie par l’effet du traitement, des rappels sont recommandés pour certains vaccins

 

La leucopénie induite par la chimiothérapie anticancéreuse rend les patients plus vulnérables aux infections. Il est ainsi recommandé que les personnes qui vont recevoir ou qui sont en cours de chimiothérapie soient vaccinées contre la grippe chaque année et soient vaccinées contre le pneumocoque.

En revanche, les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués pendant la durée de la chimiothérapie et dans les mois suivants (3 à 6 mois après l’arrêt de la chimiothérapie selon le type de vaccin et de cancer, voire 12 mois pour la varicelle). Ce sont notamment les vaccins contre :

  • Tuberculose,
  • Fièvre jaune,
  • Rougeole-oreillons-rubéole,
  • Varicelle.

Après la chimiothérapie, la mémoire immunitaire induite par les vaccins antérieurs ayant pu être amoindrie par l’effet du traitement, il est recommandé d’administrer systématiquement une dose d’un vaccin combiné diphtérie-tétanos-polio-coqueluche acellulaire 3 mois (en cas de tumeur solide) ou 6 mois (en cas d’hémopathie maligne) après l’arrêt de la chimiothérapie. En fonction de l’histoire vaccinale et de l’âge du patient, une ou plusieurs doses supplémentaires pourront être nécessaires pour mettre à jour les vaccinations.

Concernant le vaccin contre l’hépatite A, les recommandations sont les mêmes que pour la population générale.

Pour les sujets à risque d’exposition au virus de l’hépatite B, ils peuvent être vaccinés pendant la chimiothérapie. Une injection de rappel peut être faite 6 mois après la chimiothérapie.

Concernant la vaccination contre Haemophilus influenzae b, une injection de rappel sera faite à distance de la chimiothérapie chez l’enfant de moins de 5 ans.

Concernant la vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C, 1 dose de vaccin sera faite 3 mois après l’arrêt de la chimiothérapie pour les patients de 1 à 24 ans quels que soient les antécédents vaccinaux vis-à-vis de cette vaccination.

Pour plus de détails, un tableau présentant la vaccination des personnes immunodéprimés, notamment celles traitées par chimiothérapie, est disponible dans le calendrier vaccinal 2018.

Par ailleurs, il est important que les personnes de l’entourage proche d’un patient recevant une chimiothérapie soient vaccinées contre la varicelle (si elles n’ont pas eu la maladie) et contre la grippe chaque année, afin de ne pas transmettre l’infection au patient.