Peut on réduire la prophylaxie contre le VRS chez certains prématurés ?

L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. Inscrivez-vous gratuitement

La prévention des infections à VRS (Virus Respiratoire Syncytial) par le pavilizumab est recommandé chez les enfants à risque élevé, comme les enfants prématurés (≤35 semaines d'âge gestationnel) et ceux de moins de deux ans présentant une atteinte cardiaque ou bronchopulmonaire. Le pavilizumab étant coûteux, des chercheurs ont voulu développer un outil d'aide à la décision permettant de mieux déterminer le risque individuel d'infection à VRS durant la première année de vie, afin de mieux prescrire le traitement prophylactique.

Méthodologie

  • Il s’agissait d’une étude de cohorte rétrospective conduite à partir des fichiers médicaux d'enfants nés dans une province canadienne entre juillet 1998 et juin 2008 à 32-35 semaines d'âge gestationnel sans risque concomitant d'infection à VRS (cardiopathie, pneumopathie).

  • Le critère principal d'évaluation correspondait aux épisodes d'hospitalisation liés au VRS avant l'âge de 1 an.

  • Les facteurs de risque d'hospitalisation pour infection à SVR, tels que décrits dans la littérature étaient recensés : niveau socio-économique, saison de naissance, âge gestationnel, poids de naissance, sexe, allaitement, grossesse multiple, tabagisme actif et passif de la mère, présence à domicile d'enfants de moins de 5 ans ou de 5 habitants ou plus...

  • Les données des enfants ayant été hospitalisés pour infection à VRS étaient comparées à celles des enfants de la cohorte qui n'avaient pas été hospitalisés.

  • Les variables significatives étaient intégrées avec un poids équivalent dans un modèle de régression logistique pour construire le score prédictif. Chacune d'entre elles était qualifiée présente ou absente et chaque paramètre était converti en une valeur positive. Une fois la régression logistique construite, l'outil était adapté pour convertir le score obtenu sur une échelle de 1 à 100.

Résultats

  • Au total, 2811 enfants répondant au critère d'inclusion ont été recrutés. Parmi eux, 88 enfants, soit 3,1%, remplissaient le critère primaire d'évaluation.

  • La comparaison non ajustée entre enfants hospitalisés et non hospitalisés a permis d'identifier 9 facteurs de risque qui ont été intégrés comme covariables dans le modèle de régression logistique (saison de naissance, présence d'enfants de moins de 5 ans ou de plus de 5 personnes à domicile, poids de naissance, tabagisme passif, niveau socio-économique, allaitement, rupture prématurée des membranes, âge au début de la saison des infections à VRS).

  • Parmi ces paramètres, trois ont pu être intégrés comme variables prédictives pour construire le score : une naissance entre décembre et février (odds ratio : 2,58 ; IC95%=1,62-4,09, p<0,001), 5 habitants ou plus au domicile (odds ratio : 1,68 ; IC95%=0,99-2,83 p<0,054) et le tabagisme passif (odds ratio : 2,26 ; IC95%=1,42-3,59, p<0,001).

  • À partir du score qui a été bâti, une valeur de 41 points et de 64 points, ont permis de stratifier les enfants en fonction de leur niveau de risque - faible, modéré ou élevé – d'être hospitalisés pour infection à VRS.

  • Le rapport de vraisemblance positif, qui évalue le rapport entre la probabilité de présenter un score positif quand la personne est à risque et la probabilité de présenter un score positif quand la personne n'est pas à risque, était de 3,57, 3,38 et 1,95 respectivement pour ces trois classes de risque.

  • Selon cet outil, 11,4 %,10,8 % et 1,6 % des enfants étaient à risque élevé, modéré et faible respectivement.

  • La précision prédictive de l'outil, évaluée selon l'aire sous courbe, était satisfaisante (0,685).

Limitations

Parce qu'elle était rétrospective, l'étude n'a pas permis de collecter le mode de garde de l'enfant, qui peut jouer un rôle déterminant dans le risque d'infection respiratoire. Elle n'a pas permis également d'inclure les cas d'hospitalisation pour infection à VRS si ceux-ci n'avaient pas bénéficié d'un diagnostic biologique ou n'avaient pas été enregistré pour ce principal motif au niveau des fichiers médicaux.

À retenir

Le score qui a été construit pourrait permettre de mieux gérer le risque d'infection à VRS chez les enfants prématurés, même s'il ne permet pas de discriminer suffisamment les sujets à risque modéré de ceux à risque élevé. Il suggère aussi qu'une gestion active du tabagisme doit être  mise en place à dès la naissance.