Peut-on prédire le développement d’un diabète à moyen terme à partir d’indicateurs biologiques ?

  • Schmidt MI & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’altération de la glycémie à jeun selon les critères OMS et l’HPGO prédiraient mieux la survenue d’un diabète de type 2 sur une période de 3,7 ans que la glycémie à jeun selon les critères de l’American Diabetes Association (ADA), ou que l’HbA1c selon l’ADA ou l’International Expert Committee (IEC). Les sensibilités et spécificités de la glycémie à jeun selon l’OMS et de l’HGPO sont cependant faibles. Les résultats de cette étude questionnent sur les critères à utiliser pour définir la notion de pré-diabète. Pour de nombreux experts, ces critères sont insuffisants à eux seuls pour dépister les individus à haut risque et nécessitent d’être couplés à d’autres critères biologiques ou cliniques.

Méthodologie

Les auteurs de l’étude The Brazilian Longitudinal Study of Adult Health (ELSA-Brasil) ont évalué la valeur pronostique de l’évolution vers un diabète à partir de cinq définitions différentes d’hyperglycémie intermédiaire (qualifiant ce qui est encore appelé pré-diabète) : 

  • Test d’hyperglycémie provoquée par voie orale ou HGPO (glycémie 2h après un repas ≥7,8 mmol/L [≥140 mg/dL]) ; 
  • Glycémie à jeun-ADA (selon les critères de l’ADA : ≥5,5 mmol/L (≥100 mg/dL) ; 
  • Glycémie à jeun-OMS (selon les critères de l’OMS : ≥6,1 mmol/L (≥110 mg/dL) ; 
  • HbA1c-ADA (≥39 mmol/mol [5,7%]) ; 
  • HbA1c-IEC (selon les critères de l’IEC : ≥42mmol/mol [6,0%]). 

Cette étude de cohorte a été menée chez des individus âgés de 35 à 74 ans, recrutés dans des universités et des instituts de recherche de différentes villes du Brésil.

Principaux résultats

Au total, sur les 11.199 sujets éligibles à l’étude, 820 cas ont développé un diabète au cours du suivi moyen de 3,7 ans, soit une incidence cumulé de 2% par an. L’âge moyen de ces participants était de 50,9 ans et l’IMC moyen de 26,5 kg/m2. Sur l’ensemble de la population, 59% présentaient une anomalie de la glycémie à l’inclusion, quelle que soit la définition utilisée. Cependant, le risque de développer un diabète sur les 3,7 années de suivi variait de manière importante selon les définitions utilisées. La glycémie à jeun définie par l’OMS était associée au taux de conversion le plus élevé (7,5/100 personnes-années) suivie de l’évaluation selon l’HGPO (5,8/100 personnes-années). Les taux de séroconversions les plus faibles ont été mis en évidence en utilisant les taux de glycémie à jeun définis selon l’ADA (3,5/100 personnes-années) et avec l’HbA1c (entre 3,5 et 3,6/100 personnes-années).

Notons cependant que toutes les mesures présentaient une faible sensibilité ou spécificité. Si, la réalisation associée d’une HGPO et d’une glycémie à jeun selon les critères OMS augmentait la prédictibilité du développement d’un diabète, la valeur associée restait encore assez faible en sensibilité (67,7%) et en spécificité (77,9%).

L’aire sous la courbe pour les trois types de tests de glycémie évalués était de 65,0% pour l’HbA1c, de 74,6% pour la glycémie à jeun et de 77,1% pour la glycémie à 2 heures post-HGPO, alors que l’aire sous la courbe d’un score composite d’informations cliniques (le score d’évaluation du risque selon Leicester) était de 71,6%. Lorsque ce score était combiné aux résultats du test d’HGPO, l’aire sous la courbe atteignait 82,4%.

Principales limitations

Le suivi de la cohorte était relativement court.

Financements

Fonds publics brésiliens.