Permanence des soins ambulatoires : globalement satisfaisante


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a publié les résultats de son enquête sur la permanence des soins ambulatoires (PDSA) pour l’année 2019. Pour 70% des conseils départementaux, elle fonctionne globalement bien, même s’ils notent des difficultés dans certaines zones de leur territoire. Seuls 9% estiment qu’elle ne fonctionne pas bien.

Pour l’ensemble de ces conseils départementaux, les principaux dysfonctionnements constatés sont surtout liés au manque de médecins, du fait de l’évolution de la démographie médicale (pour 86% d’entre eux) ou du désengagement des praticiens libéraux (pour 66% d’entre eux). Des difficultés organisationnelles entrent également en compte pour 26% d’entre eux. À noter que 67% des départements ont connu des changements organisationnels de la PDSA en 2019 (portant sur les horaires, les forfaits d’astreinte et le renforcement de la régulation).

Des taux de participation très hétérogènes

En 2019, le taux de volontariat des généralistes s’élevait à 38,1%, en légère baisse (0,5%) par rapport à 2018 (38,6%), soit 24.528 volontaires sur 63.551 susceptibles de participer à la PDSA. Mais ces taux sont très hétérogènes d’un département à l’autre : de 5% à Paris (où la PDSA est assurée essentiellement par des associations du type SOS Médecins) à 82% pour les Vosges. Le CNOM met en garde contre une interprétation rapide de ces données, qui ne reflètent pas toujours les réalités locales (par exemple, les difficultés organisationnelles d’un département où les volontaires sont nombreux). Il note cependant que 35% des territoires de PDSA sont couverts par moins de 10 médecins volontaires et 17% par moins de 5 médecins. Des réquisitions ont été décidées dans 15 départements, soit 7 de moins qu’en 2018.

Les principaux moyens préconisés par les conseils départementaux pour renforcer l’implication des  médecins sont l’augmentation des forfaits d’astreinte et leur défiscalisation (60% des conseils), le renforcement de la participation des médecins étudiants ou salariés (50%) et celui de la sécurité (34%).

Comment améliorer la PDSA

L’amélioration de l’organisation de la PDSA passe, pour 63% des conseils départementaux, par la mise à disposition de transports dédiés pour les patients non mobilisables, pour 49% par la mise en place d’actions de communication auprès du grand public et des médecins libéraux, pour 41% par le développement de points fixes de consultation et pour 30% par la restructuration des secteurs de garde.

En 2019, la hausse de sites dédiés à l’effection fixe a augmenté de 2,4% (11 sites supplémentaires). Elle devrait se poursuivre du fait du pacte de refondation des urgences, qui « envisage la création de maisons médicales de garde auprès de chaque service d’urgence totalisant plus de 50.000 passages par an. »

En revanche, le CNOM constate qu’« aucune évolution favorable de l’organisation de la PDS en EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) n’a été constatée. »

Alors que la PDSA étendue aux samedis matins est effective dans 41 départements pour la régulation et 6 pour l’effection, 56% des autres conseils départementaux la souhaitent.

La régulation maintenue grâce aux retraités, salariés et remplaçants

En augmentation de 9 points par rapport à 2018, 43% des conseils départementaux sont favorables au déploiement d’un numéro de téléphone dédié à la PDSA (116-117, en expérimentation dans 12 départements).

Il existe de grandes disparités dans le nombre d’actes non régulés. L’absence de régulation est surtout observée en soirée et le week-end, mais très peu en nuit profonde.

La participation des médecins à la régulation a légèrement augmenté (0,6%) par rapport à 2018, essentiellement grâce à la hausse de la participation des retraités, salariés et remplaçants (29%), alors que la baisse de celle des libéraux installés se poursuit (3,8%).