Performans status : un critère prédictif de l’efficacité des inhibiteurs de check point immunitaires ?

  • Lung Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir

Les résultats d’une méta-analyse ayant évalué l’efficacité des inhibiteurs de check point immunitaires (ICI) suggèrent :

  • que plus d’un cinquième des patients souffrant de cancer du poumon non à petites cellules traités par cette classe ont un PS>1 alors que les études cliniques ayant évalué l’efficacité des ICI excluent généralement ce profil de patients ;
  • qu’un performans status(PS) ≥2 pourrait être un critère prédictif de moindre efficacité de ces traitements (évalué par la survie globale, la survie sans progression et le taux global de réponse), Le fort niveau d’hétérogénéité mis en évidence entre les études, ne permettent cependant pas de répondre de manière robuste à la question de la valeur prédictive du performans status (≥2 versus 0-1) sur l’efficacité des ICI et appellent donc à des études cliniques incluant ces deux catégories de patients.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

L’efficacité des inhibiteurs de check points immunitaires n’est pas claire chez les sujets ayant un PS ≥2. En effet, les essais cliniques évaluant ces traitements enrôlent la plupart du temps des patients ayant un performans statusde 0 ou 1 et excluent les autres. Pourtant, le profil de tolérance de ces traitements les rend intéressant chez les patients plus fragiles, d’où l’intérêt de mieux évaluer l’intérêt des ICI chez ces populations.

Méthodologie

Une revue de la littérature et une méta-analyse ont été réalisées. Les données sont issues des études jugées les plus pertinentes ayant évalué la valeur du performans statusà prédire l’efficacité des ICI en termes de survie globale, de survie sans progression et de taux global de réponse chez des patients ayant un PS ≥2 définit par l’ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) par rapport à des patients ayant un ECOG PS de 0 ou 1.

Principaux résultats

Au total 19 études ont été jugées pertinentes et ont été incluses dans les analyses, soit 3.600 patients souffrant de cancer du poumon non à petites cellule. Parmi eux, 21%  avaient un PS >1.

Les résultats comparant l’efficacité des traitements en fonction du PS montrent qu’un PS≥2 était associé à :

  • une moins bonne survie globale (hazard ratio 2,72 [2,03-3,63], haut niveau d’hétérogénéité I2=72,70%, p
  • une moins bonne survie sans progression (HR 2,39 [1,81-3,15], p2=73,03%) 
  • et à un moins bon taux de réponse globale (odds ratio 0,25 [0,11-0,56], p=0,001, faible hétérogénéité I2=0,00%, n=3).