Pénurie de médicaments : quelles sont les propositions du LEEM ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Depuis 2008, les situations de ruptures de stocks et de tensions d’approvisionnement progressent de façon préoccupante. En France, leur nombre est passé de 44 en 2008, à 404 en 2013 et 538 en 2017, pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), vendus en pharmacie de ville et à l’hôpital. Plus de la moitié des ruptures concerne les anti-infectieux, les médicaments du système nerveux et les anticancéreux.

Les différentes causes industrielles de rupture (hors chaîne de distribution) ont été identifiées et sont les suivantes :

  • La tension mondiale entre la demande (en forte croissance) et la capacité de production (25 %),
  • Les fluctuations imprévues du marché (23 %),
  • Les problèmes liés à la production elle-même (20 %),
  • Les problèmes d’approvisionnement en principes actifs (15 %),
  • Les contraintes réglementaires (10 %) avec des normes qualité très poussées et une flexibilité réduite,
  • Les contraintes économiques (7 %) : les prix des médicaments en France sont dans 93 % des cas inférieurs au prix moyen observé dans un groupe de 5 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni), ce qui favorise le développement des exportations parallèles qui peuvent aggraver un risque de tension d’approvisionnement et provoquer une pénurie. Par ailleurs, les appels d’offres hospitaliers peuvent être la cause d’une aggravation des tensions d’approvisionnement si un seul industriel est retenu.

Les pénuries de médicaments représentant un enjeu de santé publique, le LEEM (Les Entreprises du Médicament) s’est mobilisé et propose un plan d’actions basé sur six axes principaux :

1.   Définir les médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique (MISS) pour lesquels des obligations de sécurisation doivent être renforcées. Ce sont les médicaments les plus indispensables et irremplaçables, parmi lesquels on peut citer notamment des anticancéreux et des antibiotiques,

2.   Revoir les mécanismes d’appels d’offres hospitaliers pour les médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique (MISS) et les conditions économiques d’exploitation en ville,

3.   Favoriser la localisation en Europe des sites de production des matières premières actives et des MISS,

4.   Optimiser le partage d’informations entre les acteurs de la chaîne du médicament et les patients,

5.   Adapter l’encadrement de la distribution en cas de tension ou rupture d’approvisionnement (notamment en mettant en place des mesures préventives pour limiter le risque d’exportations parallèles),

6.   Renforcer le pilotage stratégique au niveau national et favoriser l’harmonisation des pratiques réglementaires au niveau européen.