Pemphigus : de nouveaux facteurs pronostiques de réponse au rituximab

  • Kushner CJ & al.
  • JAMA Dermatol
  • 23 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude américaine vient de décrire les facteurs pronostiques de réponse du pemphigus au rituximab à partir du suivi rétrospectif d’une cohorte de patients. Le recours à un schéma posologique ajusté sur la surface corporelle offre un taux de rémission complète sans traitement ( RC off ) meilleur qu’avec une posologie fixe. L’analyse multivariée montre également que les sujets âgés ont un pronostic de réponse plus favorable, alors qu’il est dégradé chez les sujets ayant un IMC élevé. Cette étude permet donc de mieux appréhender les chances de rémission des patients placés sous rituximab en pratique clinique.

Utilisation du rituximab dans le pemphigus

Le pemphigus est une maladie bulleuse auto-immune intra-épidermique et/ou intra-épithéliale pour laquelle le rituximab peut être prescrit hors AMM dans les formes modérées à sévères selon deux schémas posologiques : un schéma fixe tel qu’utilisé en rhumatologie (1000 mg IV tous les 14 jours) ou un schéma ajusté à la surface corporelle telle qu’utilisé en hématologie (375 mg/m²/semaine pendant 4 semaines). Les données concernant la sécurité ou les facteurs pronostiques sont toutefois encore insuffisantes et cette étude apporte des éléments intéressants sur le sujet.

Un suivi rétrospectif de 112 patients sur 3 ans

Les 112 patients atteints de pemphigus vulgaire ou de pemphigus foliacé (âge moyen 52,3 ans, 58% de femmes, IMC moyen 28,6 kg/m²) ont été suivis durant une médiane de 37,8 mois après la première administration de rituximab, en ajduvant du traitement corticoïde.

Au total, 48,2% d’entre eux ont atteint la RC off après une seule injection de rituximab et 70,5% après une ou plusieurs injections. Au total, 17,0% n’ont pas atteint la rémission complète que ce soit sous traitement minimal par rituximab ou sans rituximab.

L’IMC, un facteur pronostique fort

Selon l'analyse multivariée, un schéma posologique ajusté sur la surface corporelle offrait des chances d’atteindre la RC off supérieures à une posologie fixe (OR 2,70 [1,03-7,12], p=0,04).

Par ailleurs, les patients avaient une probabilité de RC off d’autant plus élevée qu’ils étaient âgés (exemple : OR 9,74 [2,22-42,62] pour les plus de 65 ans vs les moins de 45 ans, p=0,01 pour la tendance sur l’ensemble des âges). Les auteurs posent l’hypothèse d’une auto-immunité plus facile à contrôler chez des sujets vieillissants dont les défenses sont amenuisées.

Enfin, un patient ayant un IMC ≥35 kg/m² avait une probabilité moindre d’atteindre la RC off par rapport à celui ayant un IMC normal (OR 0,14 [0,03-0,63], p=0,01). Les auteurs soulignent que l’adiposité favorise notamment l’inflammation et l’auto-immunité et que le rituximab pénètre mal dans les tissus adipeux.