Pelade : espoir autour des anti-JAK

  • King B & al.
  • J Am Acad Dermatol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Le traitement par ritlecitinib (ou  PF-06651600, anti JAK3) ou par le brepocitinib (PF-06700841, anti-JAK1) pendant 24 semaines permet d’obtenir une repousse des cheveux cliniquement significative chez les patients atteints de pelade (alopecia areata)  sur au moins 50% du cuir chevelu depuis au moins 6 mois. L’étude est poursuivie sur 24 semaines supplémentaires pour conforter les données de sécurité et d’efficacité.

 

La pelade est une maladie auto-immune dont la prévalence est d’environ 0,1-0,2% de la population. Elle est liée à un blocage du développement du follicule pileux dans un contexte inflammatoire. Sa prise en charge thérapeutique peut être complexe et non satisfaisante pour les atteintes sévères, malgré son impact psychologique majeur. Or, il a été récemment décrit que le mécanisme physiopathologique faisait intervenir certains lymphocytes T CD8+ dont la production implique les voies de signalisation liées aux JAK (Janus kinases). Après des données précliniques et cliniques préliminaires, une étude de phase 2a a consisté à comparer l’évolution de la pelade de patients adultes ayant une atteinte depuis au moins 6 mois (et moins de 7 ans) sur au moins 50% de leur cuir chevelu après avoir été traités par des anti-JAK expérimentaux.

Principaux résultats

Au total, 142 patients ont été recrutés et randomisés entre un traitement par placebo, ritlecitinib (200 mg par jour pendant 4 semaines puis 50 mg/j) ou brepocitinib (60mg par jour pendant 4 semaines puis 30 mg/j) pendant 24 semaines : il s’agissait essentiellement de femmes (69%) d’âge moyen 36 ans et souffrant de pelade depuis 2,4 ans en moyenne.

L’efficacité a été évaluée à partir de l’évolution du score SALT (Severity of Alopecia Tool) coté entre 0 et 100 (pelade totale du cuir chevelu). À 24 semaines, il avait évolué de 1,4 points en moyenne dans le groupe placebo, contre 31,1 points et 49,2 points dans les groupes ritlecitinib et brepocitinib (p<0,001). Par ailleurs, le taux de patients atteignant une amélioration d’au moins 30% de leur score SALT était de 2% dans le groupe placebo contre 50% et 64% dans les groupes ritlecitinib et brepocitinib (p<0,001). Par ailleurs, une amélioration de la pousse des cils et des sourcils a été observée pour une majorité des patients sous traitement actif contre moins de 15% de ceux sous placebo.

En termes de sécurité, des évènements indésirables (EI) ont été rapportés pour 74%, 67% et 77% des sujets sous placebo, ritlecitinib et brepocitinib respectivement, essentiellement à type d’infections respiratoires, rhinopharyngite, maux de tête, acné et nausées. Les EI nécessitant un arrêt du traitement avaient respectivement concerné 6%, 4% et 9% des trois groupes. À noter 3 patients ayant présenté des anomalies biologiques de grade 3 à un moment du suivi, dont 1 sous ritlecitinib (lymphopénie) et 2 sous brepocitinib (neutropénie).

Financement

L’étude a été sponsorisée par Pfizer.