PCI sous assistance ventriculaire gauche : quels sont les risques ?

  • Dr Robert Haïat

  • JIM Actualités médicales
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Il arrive actuellement que les procédures interventionnelles coronaires percutanées (PCI) soient de plus en plus souvent effectuées chez des patients jugés à haut risque du fait de la complexité de leurs lésions coronaire, de l'altération de leur fonction ventriculaire gauche et de la présence de plusieurs comorbidités, facteurs qui augmentent le risque de la procédure.

Dans cette situation, on a eu recours à la contrepulsion aortique dont on sait aujourd'hui qu'elle n'apporte qu'un soutien hémodynamique modeste et n'améliore pas sensiblement le pronostic des patients à haut risque ou en choc cardiogénique.

On préfère donc utiliser des systèmes d'assistance du ventricule gauche mis en place par voie percutanée, soit préventivement avant la PCI chez des patients jugés à très haut risque, soit en urgence, au cours même de la procédure, en raison de la survenue d'une instabilité hémodynamique.
A. Briasoulis et coll. ont tenté d'évaluer, chez les patients à haut risque qui doivent bénéficier d'une PCI, les conséquences de l'utilisation de ces systèmes d'assistance ventriculaire gauche sur la mortalité, la survenue d'un infarctus du myocarde et le taux de complications.

Pour ce faire, ils ont réalisé la méta-analyse des données d'une étude prospective contrôlée (PROTECT 2009 et 2012) et de 18 études observationnelles, non randomisées et de registres dans lesquels les systèmes Impella ou TandemHeart avaient été utilisés lors d'une PCI à risque élevé. Si bien qu'avaient été implantés dans l'ensemble de ces publications soit un système Impella 2,5 litres (12 études regroupant 1 346 patients), soit un système TandemHeart (8 études regroupant 205 patients).
Critère principal composite : mortalité de toute cause à 30 jours, taux d'infarctus du myocarde à 30 jours, hémorragies majeures post-procédurales, complications vasculaires.

Les complications vasculaires comprenaient : 1/lésion au niveau du point d'accès vasculaire (dissection, sténose, perforation, rupture, fistule artério-veineuse, pseudo-anévrisme, hématome, lésion nerveuse irréversible) nécessitant une transfusion sanguine ou une intervention chirurgicale ; 2/embolisation distale ou ischémie d'un membre ; 3/échec de la fermeture de l'accès percutané nécessitant un geste intravasculaire ou chirurgical.

Sous Impella vs TandemHeart, les taux de mortalité à court terme étaient de 3,5 % et 8 % ; les taux d'hémorragies majeures étaient de 7,1 % et de 3,6 % et les taux de complications vasculaires étaient de 4,9 % et de 6,5 %.

En conclusion, cette méta-analyse portant sur l'utilisation de systèmes d'assistance du ventricule gauche insérés par voie percutanée lors de PCIs à haut risque, donne une idée des taux de mortalité à court terme et de complications qui leur sont inhérents. Il apparait que les deux systèmes (Impella et TandemHeart) étudiés sont associés à un taux d'événements péri-procéduraux comparable.