Pays du nord de l’Europe et zone méditerranéenne : le profil des patients souffrant de SpA est-il le même partout ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Au global 2.001 adultes atteints de spondyloarthrite (SpA) ont été inclus dans les analyses (60,1% d’hommes, âge moyen 46,1 ans, durée moyenne de la maladie 9,5 ans). 

  • La moitié des patients avaient une forme mixte de SpA, 40% une forme uniquement axiale et 10% une forme uniquement périphérique.
  • La comparaison des patients du nord de l’Europe et de la zone méditerranéenne a montré des différences en matière de phénotype, de comorbidités cardiovasculaires (CV) et de facteurs de risque CV conventionnels. 
  • La prévalence des maladies cardiovasculaires (MCV) et des facteurs de risque CV conventionnels était moindre chez les sujets porteurs d’une SpA axiale.
  • Les sujets du nord de l’Europe ont affiché une moindre prévalence de SpA axiale, un âge moyen plus élevé, une durée de maladie plus longue, une plus forte prévalence de l’antigène HLA-B27 et des manifestations extra-articulaires. 
  • Ces sujets ont également montré une plus forte prévalence de facteurs de risque cardiovasculaire conventionnels (obésité, hypertension, dyslipidémie, insuffisance rénale chronique (IRC)), ainsi que des comorbidités CV (antécédents de cardiopathie ischémique-CPI), par rapport aux sujets de la zone méditerranéenne. L’âge plus avancé, la plus longue durée de la maladie, la présence de l’antigène HLA-B27 et la plus forte prévalence des formes périphériques favorise l’augmentation des facteurs de risques CV.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les disparités géographiques des maladies vasculaires ont été démontrées au sein de la population générale mais n’avaient jamais été étudiées spécifiquement chez les sujets souffrant de spondyloarthrite. Or, les comorbidités cardiovasculaires sont parmi les plus fréquemment rencontrées chez ces patients.

Méthodologie

L’Asas-Comospa est une étude observationnelle, transversale, multicentrique, internationale qui regroupe 22 pays sur 4 continents. Pour la présente analyse seuls 10 pays de 2 zones géographiques ont été inclus : le nord de l’Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Belgique et Pays-Bas) et la zone méditerranéenne (Espagne, France, Italie, Maroc, Turquie et Egypte). Elle est menée sous l’égide de l’Assessment in Spondylo Arthritis International Society

Résultats complémentaires

Les patients souffrant de SpA axiale avaient significativement une moindre prévalence d’hypertension, de diabète de type 2 et de cardiopathie ischémique que ceux présentant une forme mixte ou périphérique seule. L’obésité et les antécédents familiaux d’IDM étaient significativement moins fréquents chez les sujets SpA axiale que SpA mixte. La dyslipidémie était significativement moins fréquente, le score de Framingham plus faible dans les formes axiales et mixtes que périphériques. 

La dactylite, l’antigène HLA-B27, le psoriasis et les MICI étaient significativement plus fréquents chez les sujets du nord de l’Europe.  

Un score de Framingham (FRS) élevé était significativement plus fréquemment retrouvé chez les sujets du nord de l’Europe que ceux de la zone méditerranéenne (odds ratio (OR) 1,69), ainsi que chez les sujets qui avaient une SpA de plus longue durée (OR 1,09), une atteinte périphérique (OR 1,62), un psoriasis (OR 1,83), des articulations douloureuses (OR 1,03) et une vitesse de sédimentation élevée (OR 1,01).

Principales limitations

L'étude ne portait que sur 2.001 individus. Par ailleurs, les MCV ont pu être sous-estimées du fait de l’incapacité de ces patients à participer ou du fait de leur décès prématuré.