PASSPORT : sécurité à long terme de la pirfénidone en conditions réelles d’utilisation

  • Cottin V & al.
  • ERJ Open Res
  • 1 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’ ERJ Open Research vient de publier les données issues du registre européen PASSPORT décrivant le profil de tolérance de la pirfénidone dans la Fibrose Pulmonaire Interstitielle (FPI) en conditions réelles d’utilisation, afin de les rapprocher de celles issues des études cliniques randomisées ayant permis la commercialisation du médicament. Aucun nouveau signal de sécurité n’a été identifié. Par ailleurs, il apparaît que l’adaptation des posologies permet de limiter le risque d’arrêt thérapeutique pour mauvaise tolérance qui, selon cette même étude, semble accru chez les femmes et les patients ayant été précédemment traités par corticoïdes, ainsi que chez ceux ayant un âge avancé.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’autorisation de mise sur le marché européen de la pirfénidone dans le traitement de la  Fibrose Pulmonaire Interstitielle a été accompagnée par la mise en place d’une étude de tolérance en conditions réelles d’utilisation permettant d’obtenir des données de sécurité à plus long terme et auprès d’une cohorte plus large et hétérogène de patients, comparativement aux études pivots ayant abouti à son enregistrement.

Méthodologie

L’étude a regroupé tous les patients européens ayant reçu au moins une dose de pirfénidone pour le traitement de leur FPI, quelle que soit la durée du traitement ou du suivi. Les données de sécurité étaient celles rapportées par les patients tous les 3 mois.

Principaux résultats

  • Au total, 1.009 patients (80,0% d’hommes, âge moyen 69,6 ans) étaient traités : parmi eux, 62,5% étaient des fumeurs/ex-fumeurs et le diagnostic avait été porté depuis 1,7 ans en moyenne. Ils présentaient une CVF moyenne initiale de 66,0%. Parmi eux, 64,9% des patients ont arrêté l’étude avant la fin du suivi initial planifié à deux ans : les principales raisons d’arrêt étaient l’apparition d’un effet indésirable associé à la pirfénidone (27,9%) ou le décès (15,9%).

  • Globalement, 73,4% des patients ont présenté 2.167 effets indésirables, qui étaient des nausées (20,6%) ou de la fatigue (18,5%) le plus souvent. Les manifestations ayant le plus souvent conduit à un arrêt définitif du traitement étaient les nausées (4,1%), la perte de poids (3,2%) et les rash cutanés (3,2%).

  • Des effets indésirables d’intérêt (identifiés dans le rapport d’évaluation de la molécule lors de son entegistrement par l’EMA) étaient identifiés chez 68,7% des patients, d’ordre principalement gastro-intestinal (38,3%) ou cutané/photosensibilité (29,0%).

  • Les facteurs associés à l’arrêt précoce du traitement (

  • Au total, 37,0% des patients ont fait l’objet d’un ajustement posologique. Ceux en ayant bénéficié présentaient moins de risque d’arrêter le traitement (61,2% vs 73,9%).

Principales limitations

Les données étaient collectées uniquement tous les 3 mois.

Financement

Cette étude a été financée par F. Hoffmann-La Roche, Ltd.