PAS, PAD… laquelle influence le plus le risque d’évènement cardiovasculaire ?

  • Flint AC & al.
  • N Engl J Med
  • 18 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude portant sur plus d’1,3 millions d’individus montre que :

  • Bien que l’effet de l’hypertension artérielle systolique soit plus important, les hypertensions artérielles systolique et diastolique sont deux facteurs indépendants permettant de prédire le risque d’événements cardiovasculaires.
  • Chaque augmentation d’une unité (en z-score) de l’hypertension systolique (≥140 mmHg) ou diastolique (≥90 mmHg) augmente significativement le risque de survenue d’un critère cardiovasculaire composite (constitué de l’IDM et d’AVC ischémique ou hémorragique) sur 8 ans respectivement de 18% et 6%.
  • Le choix d’un seuil d’hypertension fixé à ≥130/80 mmHg ou ≥140/90 mmHg ne modifie pas ces relations.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Depuis de nombreuses années, une attention toute particulière a été portée à l’hypertension artérielle systolique, jugée par de nombreux experts comme un meilleur indicateur d’éventuels risques cardiovasculaires que l’hypertension artérielle diastolique. Cette étude de très grande envergure présente l’intérêt d’évaluer l’impact des hypertensions artérielles systolique et diastolique sur le risque d’événement cardiovasculaire à partir de deux seuils d’hypertension définis par les recommandations américaines (ACC-AHA) de 2017, ≥130/80 mmHg pour les sujets à haut risque et ≥140/90 mmHg pour tous les autres. 

Méthodologie

Les données d’1,3 millions d’adultes issus de la population générale ont été utilisées pour les analyses afin d’évaluer l’effet d’une hypertension artérielle systolique et diastolique sur la survenue d’un critère composite constitué de l’infarctus du myocarde, de l’AVC ischémique ou hémorragique. 

Principaux résultats

Sur l’ensemble de la cohorte évaluée, 44.286 événements cardiovasculaires sont survenus durant les 8 années d’observation (24.681 IDM, 16.271 AVC ischémiques et 3.334 AVC hémorragiques). Au total, 18,9% et 43,5% de la cohorte présentait une hypertension artérielle lorsque les seuils respectifs de 140/90 mmHg ou de 130/80 mmHg étaient considérés. La mesure de la PAS indiquant une hypertension augmentait avec l’âge, alors que la valeur de PAD indiquant une hypertension constituait un pic lors de la cinquième décade de vie.

L’augmentation de la PAS était associée à une augmentation du risque d’événement cardiovasculaire, alors qu’une relation suivant une courbe en J a été mis en évidence entre la pression artérielle diastolique et le risque d’événement cardiovasculaire. Les auteurs de l’article indiquaient que ce dernier phénomène était partiellement expliqué par l’âge et par la présence d’autres covariables, ainsi que par l’augmentation de l’effet de l’hypertension artérielle systolique chez les sujets ayant les plus faibles valeurs de PAD.

Principales limitations

Étude prospective basée partiellement sur des données recueillies de manière rétrospective.