Pas de surrisque cardiovasculaire associé aux LAMA chez les patients BPCO à haut risque

  • Wise RA & al.
  • JAMA
  • 7 mai 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez les patients souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et à haut risque cardiovasculaire, l’aclidinium n’est pas inférieur au placebo sur le plan du risque d’événement cardiovasculaire majeur (ECM) avec une période de suivi de 3 ans. De plus, le taux d’exacerbations modérées à sévères est réduit de façon significative au cours de la première année. Ce bénéfice a pu être observé de la même façon chez les patients qui prenaient des corticoïdes inhalés avec ou sans bêta-2 agoniste d’action prolongée (LABA) et chez ceux qui n’en prenaient pas.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les antagonistes muscariniques à longue durée d’action (LAMA) ont apporté la preuve de leur efficacité dans la BPCO, mais les résultats disponibles quant à leur sécurité cardiovasculaire sont discordants. Les études observationnelles ont rapporté une augmentation du risque qui n’a pas été retrouvée dans les essais contrôlés randomisés, peut-être parce que ces derniers excluaient systématiquement les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires ou rénales. Une équipe américano-canadienne a donc entrepris d’évaluer la sécurité cardiovasculaire et l’efficacité du bromure d’aclidinium au sein d’une population de patients BPCO à haut risque cardiovasculaire.

Méthodologie 

Cet essai multicentrique a inclus des patients souffrant de BPCO modérée à sévère et de maladie cardiovasculaire, et possédant au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire. Ils étaient randomisés pour recevoir 400 µg de bromure d’aclidinium ou un placebo par inhalateur de poudre sèche 2 fois par jour sur une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans.

Résultats 

  • Au total, 3.589 patients ont été randomisés, 1.791 dans le groupe aclidinium et 1.798 dans le groupe placebo. Ces participants avaient un âge moyen de 67,2 ans, avec une  prédominance masculine (58,7%).
  • Au cours de l’étude, la majorité des participants ont pris des corticoïdes inhalés (64,2%), souvent en association avec un LABA (59,4%).
  • Dans le groupe aclidinium, 3,9% des sujets ont présenté ECM au cours de l’étude (critère principal), contre 4,2% dans le groupe placebo (Hazard ratio (HR) 0,89 [IC97,5% : 0-1,23]). La non-infériorité a donc été retenue sur le plan de la sécurité. Des résultats similaires ont été retrouvés en considérant les EMC de façon élargie (insuffisance cardiaque grave, arythmie, maladie cérébrovasculaire) : 9,4% vs8,9% (HR 1,03 [IC97,5% : 0-1,28]).
  • Sur le plan de l’efficacité, le taux d’exacerbations modérées à sévères durant la première année de traitement a été réduit de façon significative dans le groupe aclidinium (0,44) vs placebo (0,57), avec un risque relatif de 0,78 [IC95% : 0,68-0,89], de même que les exacerbations ayant nécessité une hospitalisation (0,07 vs 0,10 RR 0,65 [0,48-0,89].
  • Par ailleurs, le taux d’événements indésirables apparus durant la période de traitement s’est montré comparable dans les deux groupes, les plus fréquents (≥5%) étant les pneumonies, les infections urinaires et les infections respiratoires hautes. Pour les événements indésirables graves (≥1%), il s’agissait de pneumonies, de fibrillations auriculaires, d’insuffisances cardiaques congestives ou de coronaropathies.

Limitations

L’essai n’était pas dimensionné pour mesurer la mortalité par cause spécifique. Mais étant donné que le nombre de décès d’origine cardiovasculaire était numériquement plus important dans le groupe aclidinium, on ne peut exclure la possibilité d’un risque accru.

Financement

Étude financée par le laboratoire Astra Zeneca.