Pas de LED avant le coucher et pendant la nuit


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Des recommandations anciennes

Les performances énergétiques des LED ( light emitting diod – diode électroluminescente) sont à l’origine d’une très grande augmentation de leur utilisation depuis quelques décennies, notamment dans les éclairages artificiels et les écrans (ordinateurs, tablettes, smartphones). Or elles peuvent émettre une lumière riche en longueurs d’onde courtes, dite « riche en bleu », à laquelle la population est donc plus fortement exposée, avec des répercussions sur sa santé.

En 2010, l’ANSES avait émis des recommandations qui ont conduit à limiter l’usage domestique des lampes à LED à celles de groupe de risques 0 et 1 (selon la norme de sécurité photobiologique NF-EN-62471). Les lampes de groupe 2 et 3 sont réservées aux utilisations professionnelles dans des conditions garantissant la sécurité des travailleurs.

De nouvelles données scientifiques

Au vu des nouvelles données scientifiques, l’Agence a actualisé ses recommandations. La toxicité de la lumière bleue sur la rétine a été confirmée, pouvant conduire à une baisse de la vue, mais aussi à une augmentation du risque de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) en cas d’utilisation chronique. Il faut donc privilégier les éclairages domestiques à LED de type « blanc chaud », dont le risque de phototoxicité est faible. Le problème actuel est qu’une série de dispositifs appartiennent au groupe de risque 2, mais ne sont pas couverts par la réglementation actuelle : des lampes torches, des phares automobiles, des décorations ou des jouets.

Par ailleurs,il est maintenant bien établi qu’une exposition même faible à de la lumière bleue le soir ou la nuit perturbe les rythmes biologiques et le sommeil. Sont principalement concernés les écrans d’ordinateurs, les smartphones et les tablettes. Les yeux des enfants et adolescents ne filtrant pas complètement la lumière bleue, ils constituent une population particulièrement vulnérable.

En outre, l’intensité lumineuse des lampes à LED est particulièrement variable, ce qui peut entraîner des symptômes tels que céphalées, fatigue visuelle, risque d’accident... chez certaines populations sensibles (enfants, adolescents, certains professionnels, etc).

Enfin, les études scientifiques convergent pour montrer une augmentation de la mortalité et un appauvrissement de la diversité des espèces animales et végétales dans les milieux éclairés la nuit, quels qu’ils soient, y compris avec des lampes à LED.

Élargir le cadre réglementaire de l’usage des LED

En conséquence, l’ANSES recommande à la population de limiter son exposition aux écrans à LED avant le coucher et pendant la nuit, en particulier celle des enfants. Elle incite à faire évoluer le cadre réglementaire s’appliquant à tous les systèmes LED :

  • Restreindre la mise à disposition des objets à LED auprès du grand public à ceux de groupe de risque photobiologiques 0 ou 1.

  • Limiter l’intensité lumineuse des phares des véhicules automobiles, dans la limite de sécurité.

  • Réduire au minimum le niveau de modulation temporelle de la lumière émise par toutes les sources lumineuses.

  • Limiter la pollution lumineuse nocturne, en veillant cependant à la sécurité des personnes.

L’Agence signale enfin que les moyens de protection disponibles pour le grand public (verres traités, lunettes de protection, écrans spécifiques) ont une efficacité très variable contre les effets rétiniens de la lumière bleue et que leur efficacité sur la préservation des rythmes circadiens n’est pas prouvée.