Parodontite et maladies systémiques : enquête régionale auprès des généralistes

  • Dubar M & al.
  • J Eval Clin Pract
  • 25 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • La connaissance des médecins généralistes sur l’association entre parodontite et maladies systémique est parfois importante mais ne se traduit pas toujours par un ajustement des pratiques ou des échanges professionnels avec le dentiste de leurs patients.

La parodontite est une maladie inflammatoire qui partage plusieurs facteurs de risque avec certaines maladies chroniques. Il est établi qu’elle est associée à des pathologies comme le diabète et d’autres maladies cardiovasculaires, la polyarthrite rhumatoïde, le cancer. Certaines études suggèrent également un lien avec les maladies inflammatoires intestinales, rhumatologiques, la dysfonction érectile ou la maladie d’Alzheimer. En conséquence, les connaissances des praticiens sur le sujet et leur attitude face à la santé buccodentaire sont intéressantes à évaluer.

Des connaissances qui ne motivent pas toujours un examen buccodentaire

Une équipe lilloise a établi un questionnaire de 22 questions (questions fermées à choix unique, multiple ou selon l’échelle de Lickert) disponibles en ligne sur le site du conseil de l’ordre des médecins des Hauts-de-France. Les réponses de 253 médecins ont pu être analysées (56,9% d’hommes, 45,8% de moins de 50 ans).

Dans leur déclaratif, la connaissance des associations les mieux établies entre parodontite et maladie chronique était comprise entre 75% pour le diabète et 53% pour les maladies cardiovasculaires. Celle qui était la moins développée était relative à la dysfonction érectile, la maladie d’Alzheimer ou la polyarthrite rhumatoïde (2,8%, moins de 15% et 35,2%).

Malgré leur conscience du sujet, trois quarts des médecins ne posaient pas de questions sur la santé buccodentaire aux patients atteints de ces maladies chroniques. Les médecins disaient conduire fréquemment un examen buccodentaire dans 63,2% des cas, mais la recherche de signes spécifiques (douleur, saignements, mobilité dentaire) était moins souvent réalisée (entre 20,5 et 51%). Leurs interactions avec les dentistes étaient relativement rares, 14,2% indiquant avoir des échanges fréquents et 30,8% indiquant n’avoir jamais de contact avec le dentiste de leur patient.

Concernant ces différentes connaissances et pratiques, les chiffres étaient globalement plus faibles chez les praticiens de moins de 50 ans ( versus plus de 50 ans).

Enfin, la plupart des médecins participants ont reconnu leur manque de connaissance sur le sujet (69,6%) et ont souligné qu’ils n’avaient pas eu de formation initiale ou continue dans le domaine (53%).