Parkinson : que sait-on de l’action des agonistes dopaminergiques sur les symptômes neuropsychiatriques ?

  • Castrioto A & al.
  • NPJ Parkinsons Dis
  • 15 déc. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • La rotigotine et le placebo améliorent de façon équivalente l’apathie et la dépression de patients récemment diagnostiqués parkinsoniens, tandis que l’agoniste dopaminergique est plus efficace que le placebo sur les symptômes d’anxiété. Cette étude randomisée en double aveugle apporte des éléments intéressants quant à l’importance de l’évaluation neuropsychiatrique, des outils utilisés et de l’effet placebo dans un tel contexte…

Les patients souffrant de la maladie de Parkinson (MP) présentent souvent des symptômes neuropsychiatriques, parmi lesquels l’apathie, la dépression ou l’anxiété. Ces manifestations, qui seraient notamment associées au déficit dopaminergique, ont été décrites comme étant améliorées par les médicaments antiparkinsoniens. Mais ces manifestations ont fait l’objet de peu d’études dédiées chez les patients récemment diagnostiqués, ce qui permettrait de mieux les appréhender hors du facteur de confusion lié à l’historique médicamenteux. Ainsi, une étude française randomisée contrôlée en double aveugle s’est intéressée au sujet. Ses résultats ont été publiés dans NPJ Parkinson’s Disease .

Méthodologie

Dans cette étude, des patients récemment diagnostiqués MP depuis moins de 2 ans, sans comorbidités psychiatriques ou troubles cognitifs, et présentant une apathie ont été inclus. Ils ont été randomisés entre le placebo et la rotigotine (posologie quotidienne progressive par paliers hebdomadaires de 2 mg jusqu’à une dose maximale de 8 mg/j). Ils bénéficiaient d’une évaluation neuropsychiatrique complète à l’inclusion puis à 6 mois.

Principaux résultats

La cohorte était constituée de 48 patients (âge moyen 58,8 ans, 66,7% d’hommes). Ils ont été répartis entre les deux bras de l’étude. Au total, 4 patients ont quitté le bras placebo au cours de l’étude (pour aggravation des manifestations neuropsychiatriques) et 4 ont quitté le bras rotigotine (pour effets indésirables).

À 6 mois, le score d’apathie (LARS) était réduit de 58,4% chez les patients sous rotigotine contre 60% de ceux sous placebo, sans différence entre les deux. De même, le score de dépression (BDI-2) était amélioré de la même façon dans les deux groupes (-19,9% et -27,6%) ( p non significatifs). En revanche, le score d’anxiété (STAI) était plus largement réduit dans le groupe traité que dans le groupe contrôle (-13,4% vs -2,5%).

Des travaux exploratoires ont permis d’observer qu’il existait une hétérogénéité des résultats pour certains signes neuropsychiatriques comme l’apathie, selon la nature de l’outil utilisé.

Quid de l’effet placebo

Les auteurs soulignent que l’absence de différence entre les deux groupes, par rapport à de précédentes études, pourraient reposer sur le fait que cette étude a été menée chez des patients MP de novo et non chez des sujets plus avancés. Ces deux contextes cliniques imposent par ailleurs des posologies différentes.

L’amélioration significative des patients sous placebo a aussi motivé plusieurs commentaires de la part des auteurs : le premier concerne le fait que l’effet placebo est connu pour être médié par la voie dopaminergique, ce qui pourrait avoir amélioré les signes neuropsychiatriques. Le second est lié au fait que l’effet placebo pourrait notamment reposer sur le fait d’avoir porté une attention importante aux signes neuropsychiatriques et en avoir conduit une évaluation précise et répétée.