Parkinson : premières données du registre français NS-Park

  • Mariani LL & al.
  • Parkinsonism Relat Disord
  • 25 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

La base de données du réseau NS-Park regroupe plus de 11.000 patients souffrant de symptômes parkinsoniens et adressés à l’un des 24 centres experts nationaux Parkinson. Cette large cohorte présente, selon ce premier état des lieux, un profil conforme à de précédentes publications, en termes de fréquence des signes moteurs et non moteurs comme en termes de prise en charge. Elle a également permis d’établir certaines relations existant entre ancienneté de la maladie, symptômes et traitement qui constituent un socle de connaissances important pour le suivi prospectif de cette population. Une analyse croisée avec les données de l’Assurance Maladie est aujourd’hui planifiée.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

NS-Park est un réseau national de recherche clinique sur la maladie de Parkinson et les mouvements anormaux regroupant chercheurs et cliniciens spécialistes issus des centres experts participants. Son objectif est de disposer de données d’activité de ces centres, de faciliter l’identification de patients pour la conduite d’essais cliniques et de disposer de données de pharmaco-épidémiologie.

Principaux résultats

  • Dans cette étude de faisabilité, les données de 11 centres ont été analysées. Au total, elle regroupait 11.157 patients reçus pour syndromes parkinsoniens entre 2012 et 2016. Parmi eux, 84,7% présentaient une maladie de Parkinson (n=9.454) : ils présentaient un âge moyen de 67,8 ans, une ancienneté de la maladie de 9,2 ans et le sex-ratio H/F était de 58/42.
  • Les complications les plus fréquentes étaient les complications motrices liées à la lévodopa pour 51% des patients, puis les troubles du sommeil et les signes axiaux pour 48% et 42% d’entre eux. Les signes neurovégétatifs, les troubles psychiatriques, cognitifs et les hallucinations concernaient respectivement 34%, 35%, 18% et 12% de la population.
  • En termes de traitement, la L-dopa était prescrite seule ou en association à des agonistes dopaminergiques chez 28% et 52% des patients respectivement, les agonistes dopaminergiques étant, eux, prescrits seuls chez 7% des patients. Parallèlement, des traitements psychiatriques pouvaient être prescrits, notamment des antidépresseurs (15%) et des anxiolytiques (10%) le plus souvent. Au total, 9% des sujets parkinsoniens avaient bénéficié d’une stimulation cérébrale profonde.
  • Dans une seconde partie, la publication propose une analyse des données cliniques relatives à un seul centre (Paris) afin d’établir des relations entre variables par analyse des correspondances multiples. Ainsi, ceux dont l’ancienneté du diagnostic était inférieure à 1 an étaient moins souvent associés au traitement par L-dopa. Ceux dont le diagnostic avait été posé entre 1 et 5 ans auparavant étaient plus probablement traités par un IMAO-B et étaient souvent exempts de complications ou d'autres traitements des complications (amantadine, agonistes dopaminergiques, antipsychotiques ou antidépresseurs). Enfin, ceux dont le diagnostic datait de plus de 10 ans étaient souvent associés aux complications motrices et non motrices, au traitement par stimulation cérébrale profonde et à un traitement des complications. La fréquence des complications motrices, des chutes, des troubles cognitifs et l'utilisation de la L-dopa augmentaient avec le temps, alors que les signes neurovégétatifs, les troubles psychiatriques, et les troubles du sommeil étaient stables avec le temps.