Paramètres biologiques classiques évocateurs d’une pathologie tumorale

  • Fatimé Adam-Hassan, Catherine Cassereau, Jean-Philippe Bastard

  • Nathalie Barrès
  • Actualités professionnelles
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Article écrit par Fatimé Adam-Hassan (Interne de biologie médicale), Catherine Cassereau (Praticien attaché en biochimie), Jean-Philippe Bastard (Professeur des Universités – Praticien hospitalier en biochimie et biologie moléculaire), Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôpitaux Universitaires Henri Mondor, DMU de Biologie-Pathologie, Département de biochimie-pharmacologie-biologie moléculaire-génétique médicale, Créteil, France.

En 2018, l’incidence du cancer en France était de 382.000 nouveaux cas et sa mortalité était de 157.400 décès, soit respectivement la première et deuxième cause de décès chez l’homme et la femme. Les cancers les plus fréquents sont le cancer du sein, de la prostate, du colo-rectum et du poumon. L’intérêt du diagnostic précoce du cancer est de le guérir quand c’est possible et de réduire au maximum la morbi-mortalité de la maladie. La confirmation du caractère malin d’une lésion suspecte est posée sur son examen anatomopathologique. Cependant, outre l’examen clinique qui est indispensable, les analyses biologiques usuelles peuvent être à l’origine de la découverte fortuite de cancer. 

Exemples d’anomalies de paramètres biologiques pouvant orienter vers la suspicion d’une pathologie tumorale

Parmi les analyses biologiques fréquemment demandés on retrouve l’hémogramme, l’ionogramme sanguin, la protéine C réactive (CRP), la créatinine avec estimation du débit de filtration glomérulaire, le bilan phosphocalcique, le bilan hépatique et le bilan martial. Devant une anomalie de leurs résultats, des examens complémentaires pourront faire évoquer le diagnostic de cancer. 

  • De nombreux cancers induisent une nécrose et une lyse cellulaire à l’origine du syndrome de lyse tumorale. Ce dernier peut être évoqué devant une hyperuricémie associée à une hyperkaliémie avec augmentation de l’activité lactate déshydrogénase (LDH)
  • La présence concomitante de syndromes inflammatoire, anémique et cachectique est également évocatrice de cancer mais un seul de ces syndromes peut être présent. Le syndrome inflammatoire est évoqué devant une augmentation de la CRP circulante. L’anémie, quand elle présente, peut-être de différentes natures (hémorragique, hémolytique, associée à une anomalie du métabolisme du fer ou vitaminique (vitamine B9, B12) ou liée à une insuffisance médullaire) et se présenter sous la forme d’une anémie normocytaire normochrome ou hypochrome, microcytaire hypochrome ou mégaloblastique selon le contexte clinique et l’origine du cancer. Le syndrome cachectique est responsable d’un état de dénutrition qui peut être mis en évidence biologiquement par une hypoprotidémie en raison de l’hypoalbuminémieLes hémopathies malignes aiguës et chroniques ou les aplasies médullaires, en plus du contexte clinique, pourront être évoquées devant des anomalies de l’hémogramme avec réduction ou augmentation majeures d’une ou plusieurs des lignées cellulaires circulantes et/ou l’apparition de cellules anormales (blastes, cellules lymphomateuses, myélémie…) dans la circulation. Des examens complémentaires spécifiques, comme le myélogramme, seront alors nécessaires. La vitesse de sédimentation augmentée pourra orienter vers une polyglobulie de Vaquez ou une augmentation des immunoglobulines circulantes qui peut s’observer au cours des gammapathies monoclonales. Ces dernières seront évoquées devant l’apparition d’une protéinurie avec une faible albuminurie. Une anomalie du bilan phosphocalcique associant hypercalcémie isolée avec élévation des phosphatases alcalines pourra faire évoquer la présence de métastases osseuses d’un cancer solide ou d’un myélome. Ce dernier peut également être à l’origine d’une anémie, d’une insuffisance rénale et d’une hyperprotidémie dont l’analyse électrophorétique mettra en évidence la présence d’un pic monoclonal en général situé au niveau des gammaglobulines. Enfin un bilan hépatique perturbé avec augmentation des transaminases pourra faire évoquer un pathologie tumorale hépatique en fonction du contexte clinique. 

Les paramètres biologiques décrits ci-dessus, contrairement aux marqueurs tumoraux circulants, ne sont pas spécifiques d’un cancer mais peuvent orienter vers sa recherche quand ils sont perturbés et permettre dans certains cas de tirer la sonnette d’alarme très précocement. 

UNIVADIS remercie la Fédération Nationale des Syndicats d’internes en Pharmacie et Biologie Médicale (FNSIP-BM) pour son soutien à la réalisation de cet article.

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