Paracétamol : les sept facteurs de risque justifiant un ajustement posologique sont mal connus

  • Bacle A & al.
  • Eur J Clin Pharmacol
  • 10 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une équipe rennaise a analysé plus de 1800 prescriptions de paracétamol ayant cours au sein du CHU sur une période de 7 jours. Malgré le fait qu’un certain nombre de facteurs favorisant l’hépatotoxicité soient connus, leur travail montre la prévalence de fortes doses chez une part importante de patients à risque, sans adaptation posologique, notamment chez ceux présentant une insuffisance hépatique ou un alcoolisme chronique.

Les auteurs rappellent que les RCP présentent des posologies de mise en garde différentes selon les formulations commercialisées, problème sur lequel l’ANSM doit statuer cette année. Il apparaît nécessaire de continuer à sensibiliser les prescripteurs sur les facteurs de risque d’hépatotoxicité nécessitant une adaptation posologique du paracétamol.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Le paracétamol reste le premier médicament impliqué dans les cas d’overdoses intentionnelles ou accidentelles. Sept facteurs de risque exposent les patients à une plus grande vulnérabilité et toxicité hépatique en cas d’ingestion de forte dose de paracétamol (>10 g/24 heures ou 150 mg/kg le plus souvent) : âge >75 ans, alcoolisme chronique, poids

Méthodologie

Les auteurs ont identifié tous les patients adultes hospitalisés au CHU Rennes durant une période de 7 jours en décembre 2017 : ils ont analysé leur dossier afin de rechercher la concomitance des facteurs de risque avec la prescription de fortes doses (

Principaux résultats

  • Parmi les 1.842 prescriptions (54% de femmes, âge moyen 65 ans), 73,7% recevaient 4 g/j (aucune posologie supérieure).

  • Au total, 55% de l’ensemble de la cohorte présentait un facteur de risque (principalement l’âge, puis l’alcoolisme et l’insuffisance hépatocellulaire), dont 53% parmi ceux qui recevaient la posologie maximale.

  • Selon les analyses statistiques menées, les seuls facteurs de risques associés à une posologie 75 ans et le faible poids. Les autres n’étaient pas associés à un ajustement posologique. Par ailleurs, 50% des plus de 75 ans ne bénéficiaient pas non plus d’un tel ajustement.

Principaux résultats

L’étude était monocentrique et menée sur quelques jours.