Papillomavirus : la couverture vaccinale s’améliore mais reste minoritaire

  • Dalon F & al.
  • Vaccine

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Bien que la vaccination anti-HPV ait augmenté de façon substantielle entre 2017 et 2018, avec un pic d’initiation à 12 et 13 ans en 2017 et 2018 respectivement, elle n’atteint encore que 8,9% de la population cible.
  • Le taux d’initiation de la vaccination a augmenté de 4 points de pourcentage chez les 11-14 ans et de 2 points de pourcentage chez les 15-19 ans.
  • Le taux de couverture vaccinale cumulé pour l’initiation et le schéma vaccinal complet a augmenté dans la population cible sur la même période (11-19 ans), mais a diminué chez les 20-21 ans.
  • Cette amélioration des résultats vaccinaux semble associée à la fréquence des recours aux soins quel que soit l’âge concerné (11-19 ans) mettant en avant le rôle des professionnels de santé.
  • Les auteurs s'interrogent cependant sur la confirmation de ces résultats jusqu’à la fin du suivi en 2022 en raison de la baisse de vaccination observée suite à l’épidémie de COVID-19.

 

L’infection par le papillomavirus humain (HPV) reste la principale cause des cancers du col de l’utérus, ainsi que des cancers anaux et vaginaux. En France, les recommandations préconisent de vacciner toutes les filles entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible entre 15 et 19 ans. Dans le contexte d’hésitation vaccinale que nous traversons, il paraissait indispensable d’évaluer le taux de couverture vaccinale et de mieux connaître les facteurs susceptibles d’influencer l’initiation de la vaccination. L’étude française PAPILLON s’est donc donné pour objectif de décrire l’évolution de la vaccination anti-HPV entre 2017 et 2022 dans les tranches d’âge concernées. Les résultats intermédiaires viennent d’être publiés dans la revue Vaccine.

Méthodologie

Cette étude observationnelle rétrospective, réalisée à partir des données du registre national français de déclaration des vaccinations représentant la quasi-totalité de la population française, a inclus toutes les filles de 11 à 19 ans inscrites ayant initié une vaccination anti-HPV entre juillet 2007 et décembre 2018. Le taux d’initiation de la vaccination et de couverture vaccinale cumulé ont été évalués au sein de la population cible (11-14 ans) et de rattrapage (15-19 ans) et les facteurs susceptibles d’impacter la vaccination ont été analysés. 

Résultats

  • Entre janvier 2017 et décembre 2018, 465.629 personnes ont été remboursées pour au moins une dose de vaccin anti-HPV, essentiellement des filles de 11 à 19 ans en initiation de la vaccination (93,8%), dont 42,6% ont complété le schéma vaccinal conformément aux recommandations.
  • Le taux d’initiation de la vaccination a augmenté globalement de 6,1% en 2017 à 8,9% en 2018. Ces chiffres différaient selon l’âge de l’initiation de la vaccination passant de 7,7% à 11,1% chez les filles de 11 à 14 ans et de 4,5% à 6,5% chez celles de 15 à 19 ans. Le pic d’initiation de la vaccination était à 12 ans en 2017 et à 13 ans en 2018.
  • Pour la vaccination partielle (au moins une dose du vaccin), le taux de couverture vaccinale cumulé à 15 ans était de 28,2% en 2017 et de 32,8% en 2018. Ces chiffres baissaient de 41,6% à 38,8% sur la même période à l’âge de 20 ans.
  • Pour le schéma vaccinal complet (2 à 3 doses vaccinale sur une période de 18 mois conformément aux recommandations françaises), le taux de couverture vaccinale cumulé augmentait de 15,6% en 2017 à 18,6% en 2018 à 16 ans, mais ces chiffres se réduisaient chez les plus âgés respectivement de 25,9% à 23,6% à 20 ans et de 31,7% à 26,8% à 21 ans.
  • La comparaison des filles ayant initié une vaccination à celle ne l’ayant pas fait a permis d’identifier des facteurs susceptibles de favoriser la vaccination. Ainsi, l’initiation et la réalisation complète du schéma vaccinal étaient associées au recours aux soins : consultation chez l’ophtalmologiste, ou le dentiste, nombre plus important de visites chez le médecin généraliste, le pédiatre, le gynécologue ou des praticiens hospitaliers. À l’inverse, un statut d’accès gratuit aux soins ou la présence d’une maladie de longue durée étaient associés à une plus faible probabilité de vaccination anti-HPV en 2018.