Papillomavirus humain (HPV) : faut-il vacciner les garçons ?


  • Fanny Le Brun
  • Résumé d'articles
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A retenir :

  • Si les femmes sont les plus concernées par les cancers liés au HPV, près d’un tiers d’entre eux touche les hommes
  • Certains pays ont fait le choix de vacciner tous les adolescents, quel que soit leur sexe
  • En France, seules les jeunes filles sont concernées par cette vaccination. Les garçons ne sont concernés que s’ils sont immunodéprimés ou si ce sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes
  • Les sénateurs viennent d’adopter, à titre d’expérimentation, l’extension de la couverture vaccinale anti- HPV aux garçons dans les régions Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Les infections à Papillomavirus humains (HPV) sont très fréquentes et se transmettent lors des contacts sexuels. La plupart des femmes et des hommes sexuellement actifs sont infectés par ces virus au cours de leur vie. Ces infections peuvent être transmises malgré l’usage de préservatifs et le sexe oral est également un mode de transmission.

Dans la plupart des cas, l’infection est asymptomatique et le virus s’élimine naturellement en un à deux ans. Cependant, lorsque l’infection par certains HPV à haut risque persiste, elle peut entraîner le développement de lésions précancéreuses et cancéreuses atteignant le col de l’utérus, l’anus, l’oropharynx, la vulve, le vagin, le pénis, la cavité orale et le larynx.

En France en 2015, on estime à plus de 6300 le nombre de cancers potentiellement dus aux HPV. Si les femmes sont les plus concernées, près d’un tiers de ces cancers touche les hommes et concerne 5 localisations (1060 cancers de l’oropharynx, 360 cancers de l’anus et plus de 300 cancers de la cavité orale, du larynx et du pénis).

Certains pays ont fait le choix de vacciner tous les adolescents, quel que soit leur sexe. En France, la vaccination contre les infections à Papillomavirus humains est recommandée chez les jeunes filles de 11 à 14 ans (en rattrapage jusqu'à 19 ans). Elle n’est recommandée chez les garçons que dans certains cas particuliers :

  • Chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu’à l’âge de 26 ans. En effet, ils présentent des risques spécifiques (lésions précancéreuses et cancéreuses de l'anus, condylomes) et ne bénéficient pas de la protection indirecte apportée par la vaccination des jeunes filles,
  • Chez les garçons immunodéprimés, aux mêmes âges que dans la population générale, avec un rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans révolus. Chez les enfants des deux sexes, candidats à une transplantation d'organe solide, la vaccination peut être initiée dès l'âge de 9 ans.

Aujourd’hui, la question d’étendre cette vaccination à tous les garçons se pose en France. Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale, les sénateurs ont adopté, le vendredi 16 octobre 2018, l'expérimentation de l’extension de la couverture vaccinale contre les HPV aux garçons, en plus des filles, dans les régions Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes.