Paludisme : de nouveaux traitements pour lutter contre les résistances ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Le paludisme touche plus de 200 millions de personnes et il est responsable de 435.000 décès chaque année dans le monde. La résistance des Plasmodium aux traitements antipaludiques ne cesse d’augmenter. Elle résulte de mécanismes épigénétiques, notamment de la méthylation de l’ADN qui apparaît comme une cible potentielle pour le développement de nouveaux traitements antipaludiques.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS viennent de publier des travaux ayant permis d’identifier des molécules capables d’inhiber la méthylation de l’ADN des Plasmodium falciparum et ainsi de tuer ces parasites, même les plus résistants. Ces travaux ont utilisé des souches de parasites résistantes à l’artémisinine, fournies par l’Institut Pasteur du Cambodge.

Dans un premier temps, plus de 70 molécules inhibitrices de la méthylation ont été testées in vitro sur des globules rouges humains infectés par Plasmodium falciparum . Ces molécules se sont révélées très efficaces, certaines permettant de tuer les parasites en seulement 6 heures.

Dans un deuxième temps, les molécules les plus efficaces ont été testées sur des souches multirésistantes et ont également permis de tuer ces parasites.

Dans une dernière étape, ces molécules inhibitrices de la méthylation de l’ADN ont été testées in vivo chez des souris infectées par Plasmodium berghei qui est très virulent et entraîne généralement le décès des souris par paludisme cérébral dans la semaine suivant l’injection. Les molécules inhibitrices testées ont été efficaces sur les parasites présents dans le sang, permettant aux animaux de survivre au paludisme cérébral.

Ces recherches sur les inhibiteurs de la méthylation de l’ADN des Plasmodium apparaissent donc prometteuses pour le développement de nouveaux antipaludiques d’action rapide qui, en association avec l’artémisinine, pourraient permettre de vaincre les parasites résistants.