Oxygénothérapie de longue durée : une surveillance à adapter en fonction des comorbidités

  • Van Cauwenberge H & al.
  • Rev Mal Respir
  • 25 sept. 2018

  • de Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Des pneumologues du CHU de Liège et de Verviers en Belgique ont mesuré la survie à 1 an et les facteurs prédictifs de mortalité de patients placés sous oxygénothérapie de longue durée (OLD). La mortalité à 1 an a été de 25% dans cette population qui comprenait 78% de sujets BPCO. L’insuffisance coronarienne, l’existence d’une ostéoporose, et surtout une dysfonction du ventricule gauche, sont apparus comme des facteurs péjoratifs de la survie à 1 an, mais pas l’emphysème, suggérant la nécessité d’une surveillance plus soutenue en fonction des comorbidités. Par ailleurs, les hospitalisations pour exacerbation de BPCO ont pu être réduites de 28% dans l’année suivant l’instauration d’une OLD, un résultat non négligeable au regard du risque élevé de réadmission dans cette population.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

L’oxygénothérapie de longue durée (au moins 15h/jour) est recommandée chez les insuffisants respiratoires sévères chroniques. Il a été montré qu’elle améliorait la survie et qu’elle réduisait la fréquence des hospitalisations. Mais le pronostic de ces patients reste sombre, à court comme à plus long terme. Des pneumologues belges se sont attachés à mesurer la mortalité à 1 an de patients sous OLD et ont recherché les facteurs prédictifs de mortalité associés.

Conception de l’étude

Cette analyse rétrospective a évalué la survie à 1 an d’insuffisants respiratoires chroniques chez qui une oxygénothérapie de longue durée (OLD) avait été initiée entre juillet 2012 et décembre 2014 au CHU de Liège. 

Résultats

  • Au total 416 patients sous OLD ont été inclus dans l’analyse. Cette population comportait 57% de femmes, 78% des sujets étaients atteints de BPCO et 86% d’entre eux avaient des antécédents tabagiques (âge moyen 70 ans, PaO2moyenne 54 mmHg). Les comorbidités les plus fréquemment retrouvées étaient l’hypertension artérielle (52%), le RGO (36%), le diabète (27%) et l’anémie (34%).
  • Les systèmes d’OLD étaient adaptés aux besoins et à l’autonomie des patients : concentrateur fixe, concentrateur complété d’un compresseur et d’une bonbonne d’oxygène gazeux ou d’un concentrateur portable, oxygène liquide ou oxyconcentrateur portable seul dans quelques cas.
  • La survie à 1 an a été de 75% et plusieurs facteurs sont apparus comme prédictifs de la mortalité à 1 an : l’insuffisance coronarienne (Hazard ratio (HR) 1,8 [1,2-2,8], p=0,0083), l’altération de la fraction d’éjection du ventricule gauche (HR 2,5 [1,3-4,9], p=0,0080) et l’existence d’une ostéoporose (HR 1,7 [1,0-2,9], p=0,040), mais pas l’emphysème.
  • Par ailleurs, chez les 171 patients survivants à 12 mois, la mise en place d’une OLD a permis une diminution de 28% de la fréquence d’hospitalisation pour exacerbation de BPCO dans l’année suivante  par comparaison à l’année précédente.

Limitation

Schéma rétrospectif de l’étude et durée de suivi limitée dans le temps.

La dyspnée n’a pas été recherchée en tant que facteur de risque en raison d’un manque d’information fiable sur ce paramètre.