Ouverture du don du sang aux HSH : pas de sur-risque résiduel de transmission du VIH


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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A retenir

  • 1 risque résiduel de transmission du VIH pour 6,4 millions de dons depuis les modifications des critères, contre 1/4,3 millions durant la période précédente.
  • Les hommes ayant eu des rapports avec d'autres hommes au cours des 12 derniers mois représentaient 0,73% des donneurs.
  • La majorité des HSH donneurs déclarent des pratiques à faible risque (rapports protégés, partenaire stable...).

Analyse des principaux comportements à risque infectieux

Sur la période 2015‑2017, le risque résiduel de transmission du VIH par transfusion est estimé à un don positif non détecté sur 5,2 millions de dons. Ce risque est statistiquement non différent depuis la modification des critères de sélection des donneurs en juillet 2016 : s’il était de 1/4,3 millions entre janvier 2015 et l’entrée en vigueur de l’arrêté le 10 juillet 2016, il a été de 1/6,4 millions entre cette date et fin décembre 2017.

Ce chiffre est l’un des enseignements importants du travail mené par Santé publique France en collaboration avec l’Établissement français du sang (EFS) et le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) afin d’évaluer le respect des critères de sélection des donneurs de sang deux ans après leur modification. Pour mémoire, ceux-ci offrent désormais aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes (HSH) la possibilité de donner leur sang à condition de ne pas avoir eu de rapport sexuel entre hommes au cours des 12 derniers mois (don de sang total), ou de ne pas avoir eu plus d’un partenaire sexuel dans les 4 derniers mois (don de plasma sécurisé par quarantaine).

Le bilan de ce travail a été publié conjointement aux résultats de l’enquête Complidon qui a été envoyée par e-mail à plus de 420.000 personnes ayant donné leur sang, leur plasma ou leurs plaquettes entre septembre et décembre 2017. À partir de près de 110.000 réponses recueillies anonymement, la première situation liée à un risque infectieux encourue par l'ensemble des donneurs était celle d'avoir eu au moins deux partenaires sexuels au cours des 4 derniers mois (1,9%), suivie du multipartenariat chez le partenaire (1,0%). Les hommes ayant eu des rapports avec d'autres hommes au cours des 12 derniers mois représentaient 0,73% des donneurs, et 29,4% des personnes avaient eu au moins deux partenaires au cours des 4 derniers mois.

Vers une ouverture plus large?

Le rapport de Santé Publique France confirme donc que l’élargissement spécifique des critères de sélection aux HSH n’a pas modifié le risque résiduel lié au VIH. Il note que ceci s’explique probablement par le fait que «   les HSH qui donnent leur sang sont (…) à moindre risque », sur la base de plusieurs données de l’enquête : la proportion d’HSH multipartenaires au cours des 12 derniers mois apparaît chez les donneurs de sang bien plus faible que parmi de la population générale, et la déclaration des HSH participants à Complidon montre que 41% d’entre eux se protègent systématiquement lors des rapports sexuels, 22% ont le même partenaire depuis au moins 12 mois et 11% n’ont eu qu’un seul rapport sexuel au cours des 12 mois précédant le don. Enfin, « il est également possible que l’ouverture du don de sang aux HSH n’ait pas eu d’impact sur les indicateurs de suivi, car une partie d’entre eux donnaient déjà leur sang avant l’autorisation du 10 juillet 2016 ».

Ces données pourraient constituer des éléments en vue d’une ouverture plus large du don de sang aux HSH. C’est ce que le Royaume‑Uni a décidé récemment, en limitant l’exclusion des HSH à ceux ayant eu des rapports sexuels entre hommes durant les 3 mois précédant le don.