Oui, les diabétiques de type 1 peuvent pratiquer du sport de haut niveau !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La pratique sportive peut tout à fait être envisagée chez un sujet diabétique de type 1 en absence de contre-indication cardiovasculaire et/ou ostéo-articulaire. Elle pourra contribuer à améliorer leurs paramètres cardiovasculaires et fait partie intégrante de la prise en charge de la maladie à long terme. Les progrès thérapeutiques et technologiques de cette dernière décennie ont d’ailleurs permis à des individus diabétiques de type 1 de se hisser à de hauts niveau de performances. 

Entre hypo et hyperglycémie…

L’hypoglycémie peut survenir lors d’une administration excessive d’insuline exogène par rapport aux besoins lors d’un exercice physique ou après (période de reconstitution des stocks de glycogène). Elle survient typiquement 15 heures après un exercice, mais ce délai peut aller jusqu’à 48h. 

L’hyperglycémie, elle, survient notamment chez le sportif qui maintient une glycémie élevée (par apport insuffisant d’insuline ou excès de glucides) dans le but d’éviter l’hypoglycémie. Au-delà d’une glycémie de 200 mg/dL, l’accumulation de glucides induit une glycosurie, avec augmentation de la diurèse osmotique et deshydratation. 

Les auteurs de l’article rappellent qu’un sujet diabétique de type 1 ne devrait pas réaliser d’entraînement intensif en cas d’HbA1c supérieure à 9%, ni en cas de fluctuation importante de la glycémie. Des données suggèrent l’intérêt d’alterner de longs exercices d’intensité modérée (favorisant les risques d’hypoglycémie durant et après l’exercice) et d’exercices courts, répétitifs et de haute intensité (favorisant les hyperglycémies), notamment pour diminuer le risque d’hypoglycémies nocturnes. Cependant, il faudra tenir compte de deux autres paramètres : le stress lié aux compétitions qui peut augmenter le risque d’hyperglycémie, et le moment de l’exercice par rapport au repas.

Injections ou pompes ?

Les injections d’insuline présentent les avantages d’être moins onéreuses et de ne pas nécessiter le port d’un dispositif en permanence. Elles sont donc appréciables en cas d’activité aquatique ou de sport de contact. 

La pompe à insuline en perfusion continue offre quant à elle, une administration plus physiologique, avec adaptation possible des taux de délivrance avant et après exercice. Certains triathlètes déconnectent même la pompe lors de l’épreuve de natation, ce qui est une pratique tout à fait possible durant une courte période. Enfin, il faudra indiquer au patient de ne pas placer la pompe à proximité de muscles fortement sollicités durant l’activité pour ne pas fausser les mesures.

Quels ajustements proposer aux patients ?

  • Une diminution de l’insuline basale jusqu’à 90% pourra être envisagée au moins 30 minutes avant l’activité pour diminuer les risques d’hypoglycémie.
  • Bien que la mesure du glucose sanguin soit encore la référence aujourd’hui, les dispositifs de mesure sous-cutanés rendent plus facile l’accès aux tendances d’évolution de la glycémie. Or, celles-ci sont particulièrement utiles pour anticiper le risque d’hypoglycémie. Le patient devra cependant être informé de la différence entre les taux de glycémie et de glucose interstitiel.

Quid des recommandations nutritionnelles ?

  • L’ADA (American Diabetes Association) et l’ACSM (American College of Sports Medicine) préconisent de consommer 6 à 10g de glucides par kilo de poids corporel avant et pendant l’exercice, 1,2 à 1,4 g de protéines par kilo de poids corporel en cas de sport d’endurance et 1,6 à 1,7 g/kg pour les athlètes de haut niveau. Un protocole de consommation glucidique avant, pendant et après l’exercice est proposé dans l’article de Science & Sports.

Que dit la réglementation sur l’utilisation de l’insuline par un sportif ?

L’utilisation de l’insuline chez un individu sportif nécessite une demande préalable d’Autorisation d’Usage à des Fins Thérapeutiques, car elle est inscrite sur la liste des substances dopantes par l’agence mondiale antidopage.