Oui, la grippe grève le pronostic cardiaque


  • Caroline Guignot
  • Lecture critique
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À retenir

  • Après avoir identifié 19.045 diagnostics de grippe dans une base de données biologiques canadienne et analysé le dossier clinique des patients correspondants, les chercheurs ont identifié 20 hospitalisations pour infarctus du myocarde (IDM) survenues durant l’intervalle à risque (7 jours après la date index du prélèvement biologique) contre 344 survenues durant la période contrôle (24 mois encadrant l’intervalle à risque) : ainsi, le ratio d’incidence d’un IDM était de 6,05 pendant l’intervalle à risque par rapport à la période contrôle. Ce risque semblait supérieur chez les plus de 65 ans, par rapport aux plus jeunes, et chez les personnes infectées par la grippe B, par rapport aux autres virus.
  • Confirmer le lien entre infection grippale et risque cardiovasculaire permet de souligner l’intérêt complémentaire de la vaccination antigrippale, notamment après 65 ans. Pour autant, ces données ne peuvent être généralisables à toutes les grippes, celles ayant justifié des analyses biologiques étant probablement des cas particulièrement sévères.

Principaux résultats

  • Les 19.729 tests biologiques positifs de grippe concernaient des sujets dont l’âge médian était de 77 ans (48% de femmes, 24% d’antécédents d’IDM, 49% de diabète, 38% de dyslipidémie).
  • Pendant les 7 jours après la date du prélèvement biologique (intervalle à risque), 20 hospitalisations pour IDM ont été identifiées, contre 344 survenues durant la période contrôle (52 semaines avant la date index, 51 semaines suivant l’intervalle à risque).
  • Le ratio d’incidence de l’IDM était de 6,05 [3,86-9,50] pendant l’intervalle à risque par rapport à la période contrôle. Ce chiffre était de 6,30 durant les 3 premiers jours, contre 5,78 durant les 4 derniers. Des analyses complémentaires ont montré l’absence d’un tel sur-risque au cours des semaines 2 à 4 suivant la date index.
  • L’analyse en sous-groupe a montré que le risque était significatif pour les plus de 65 ans et non pour les plus jeunes. Le ratio d’incidence durant l’intervalle à risque était aussi supérieur en cas de grippe B par rapport aux autres (10,11 vs 5,17 pour la grippe A, 3,51 pour le VRS et 2,77 pour les autres virus). Ces analyses en sous-groupes n’étaient toutefois pas statistiquement significatives, du fait du faible nombre d’évènements.

Méthodologie

  • L’étude a été conduite à partir de la base des données de l’assurance maladie de l’Ontario et a inclus tous les résidents de plus de 35 ans ayant bénéficié d’un ou plusieurs tests biologiques de recherche de virus respiratoires (grippe A, B, H1N1, VRS, adénovirus, coronavirus, rhinovirus…) entre mai 2009 et mai 2014. Les hospitalisations pour IDM ont été recherchées chez ces patients à partir de la base de données hospitalière canadienne.

Limitations

  • La date de survenue du début de la grippe n’était pas connue et n’a pas pu être prise en considération.
  • La grippe et l’IDM ont une saisonnalité comparable, mais les analyses de sensibilité ont confirmé les résultats.

Financement

É tude ayant reçu des financements publics canadiens.