Oui, l’activité physique contribue au bien-être mental !

  • Chekroud SR & al.
  • Lancet Psychiatry
  • 8 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude unique en termes d’envergure et de puissance statistique met en évidence que l’activité physique est associée à une réduction de l’altération de la santé mentale (sentiment personnel de stress, dépression ou de troubles émotionnels), quels que soient l’âge, l’origine ethnique, les revenus familiaux et le niveau d’éducation. 

Bien que tous les types d’activité physique aient été associés à un bénéfice mental, celui-ci était plus important pour certains (sports d’équipe populaires, cyclisme, aérobie/gym). Le bénéfice n’augmentait pas de manière proportionnelle avec le temps global de pratique. Au total, pratiquer une activité physique quelle qu’elle soit, 3 à 5 fois par semaine durant 45 minutes par session permettrait d’obtenir le meilleur bénéfice mental chez les individus ayant ou non des antécédents de dépression. 

Méthodologie

Étude transversale portant sur 1.237.194 sujets américains de 18 ans et plus. Les données ont été recueillies entre 2011 et 2015.

Les analyses ont comparé le nombre de jours auto-déclarés d’altération de la santé mentale par le stress, une dépression ou des problèmes émotionnels, entre les individus qui pratiquaient une activité physique et les autres. Les individus des deux groupes étaient appariés en termes d’âge, d’origine ethnique, de sexe, de statut marital, de revenus, de niveau d’éducation, d’IMC, de santé et d’antécédent de dépression.

Les analyses ont été ajustées au type d’activité (sur la base d’un panel de 75 activités), à la durée, à la fréquence et à l’intensité de l’activité physique.

Quel est l’impact en pratique ?

Il est bien admis que l’activité physique est associée à une réduction du risque de mortalité toutes causes, de maladies cardiovasculaires, d’AVC, d’obésité, de diabète et de cancer. En revanche, l’association avec la santé mentale reste moins bien évaluée. Par ailleurs, les conclusions contradictoires et les preuves non cohérentes entre les adultes et les adolescents concernant l’association entre activité physique et dépression faible à modérée, ont incité des chercheurs à mener cette étude. La faible ampleur des échantillons pourrait en partie expliquer ces données. Par manque de puissance, ces études ne permettaient pas d’évaluer l’impact du type, de la fréquence ou de l'intensité de l’activité. Ces données confortent l'intérêt en consultation, d'inciter les patients à la pratique d'une activité physique adaptée 3 à 5 fois par semaines durant 45 min environ pour une bonne santé mentale.

Principaux résultats

Pour l’ensemble de la cohorte, le nombre moyen de jours au cours du mois précédant l’enquête durant lesquels les individus déclaraient avoir une santé mentale altérée, était de 3,36. Par rapport aux individus qui ne pratiquaient pas d’activité physique, ceux qui en pratiquaient une, avaient une meilleure santé mentale (réduction de 1,5 jours, sur le nombre de jours où le sujet percevait une altération de sa santé mentale, soit -43,2%). Cette tendance était encore plus forte chez ceux qui avaient des antécédents de dépression (-3,75 jours entre ceux qui pratiquaient ou non une activité physique).

L’association entre l’activité physique et le bénéfice mental n’était pas modifiée par l’âge, le sexe, l’origine ethnique ou le niveau de revenus.

Bien que tous les types d’activité physique aient été associés à une diminution de l’altération de la santé mentale, les associations les plus importantes ont été constatées pour les sports d’équipe les plus populaires (-22,3%), le cyclisme (-21,6%), l’aérobie et la gymnastique (-20,1%) et pour une durée associée de 45 min, 3 à 5 fois par semaine.

En revanche, la pratique d’une activité physique de manière plus fréquente (plus de 23 fois par mois) ou plus de 90 minutes par session était associée à une diminution de la santé mentale.

Principales limitations

Étude longitudinale portant sur le recueil de données auto-déclarées.