Où en est-on du dépistage organisé du cancer du sein en France ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À ce jour, 3 types de cancers répondent à un programme de dépistage organisé : le cancer du sein, du côlon-rectum et du col de l’utérus. Une récente publication de l’Académie Nationale de Médecine fait état de la situation de ces dépistages en France. La balance bénéfice/risque associée à un dépistage est un critère important et doit être régulièrement estimée car elle se modifie sous l’influence notamment des traitements et des variations de populations et appelle à d’éventuels réajustements. Nous aborderons chacun de ces trois dépistages au cours d’un article spécifique.

Dépistage du cancer du sein

Il s’agit du cancer féminin le plus fréquent. Son incidence était de 88 femmes pour 100.000 en 2012. Son évolution est à la baisse depuis 2005 suite notamment à la forte diminution des traitements hormonaux de la ménopause. En revanche les prévisionnistes estiment que l’incidence de ce cancer pourrait augmenter de nouveau à cause du tabagisme, de la consommation d’alcool, de la sédentarité et de l’âge tardif à la première naissance. 

Le taux net de survie du cancer du sein est estimé en France à 88% à 5 ans et de 78% à 10 ans, soit l’un des plus élevé d’Europe. Expérimenté depuis 1990, le dépistage du cancer du sein a été généralisé en 2004, et préconisé à partir de 50 ans.

Le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein atteignait les 51,5% en 2013 (auquel s’ajoute la détection individuelle difficile à mesurer). Or, il doit atteindre au minimum 70% pour avoir une efficience acceptable. Le taux global cache par ailleurs de fortes disparités.

Les bénéfices liés à ce dépistage sont multiples : 

  • Intérêts cliniques : augmentation des taux de diagnostic précoce, amélioration de la survie.
  • Intérêts techniques : meilleur contrôle qualité des appareils de radiodiagnostic, amélioration des techniques de mammographie et nécessité d’une double lecture, comparaison des matériels proposés.

En revanche, le dépistage n’a pas réduit le nombre total de mastectomies (4 pour 10 cas de cancers du sein en 2012), car les cancers détectés à un stade tardif n’ont pas diminué et les formes de cancer in situont augmenté. Le surdiagnostic et les cancers d’intervalle restent encore très difficiles à évaluer. La baisse de la mortalité tant attendue avec la mise en place du dépistage organisé n’est pas encore perceptible en France. Parmi les améliorations possibles, les experts évoquent le fait d’agir sur les facteurs de risque modifiables (1erenfant après 30 ans, traitements hormonaux de la ménopause, sédentarité, surpoids/obésité après 30 ans, alcool, tabac (surtout avant le 1erenfant), irradiation thoracique, absence d’allaitement, ainsi qu’un meilleur dépistage des femmes à plus haut risque (sur la base de l’âge, la densité mammaire, certains polymorphismes génétiques, …).