Ostéoporose : une crise en marche


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les Professeurs Christian Roux et Karine Briot viennent de publier une article dansThe Lancet Rhumatologyqui fait état de l’inquiétude des experts sur la prise en charge de l’ostéoporose, malgré ses importants progrès, compte tenu du vieillissement de la population et de l’utilisation inadéquate des traitements. Pour eux, une crise s’annonce. En effet, la prescription des médicaments anti-ostéoporotiques diminue dans la plupart des pays. Ainsi, une étude observationnelle a montré que seulement 35% des femmes ayant eu plus d’une fracture incidente durant l’année 2012 ont reçu une prescription d’anti-ostéoporotiques. Comment l’expliquent-ils ?

  • Cette baisse intègre l’arrêt des traitements chez les sujets à faible risque et ayant reçu un traitement prolongé, ainsi que la baisse de la prise en charge des sujets qui devraient l’être. 
  • Le remboursement insuffisant de la mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par DEXA contribue à ce phénomène.
  • Les professionnels de santé sont insuffisamment sensibilisés sur l’ostéoporose et craignent les effets secondaires des traitements (ostéonécrose de la mâchoire, fracture fémorale atypique, hypocalcémie…), alors que le rapport bénéfice/risque est pourtant favorable.
  • L’ostéoporose est encore trop souvent perçue comme une détérioration naturelle et inévitable liée au vieillissement et non une maladie.
  • La mauvaise perception du risque encouru ne favorise pas une prise en charge préventive. Et pourtant, les conséquences suite à une fracture de la hanche sont majeures (mobilité sévèrement diminuée, risque de décès important). 
  • Les fractures vertébrales diffèrent des autres fractures car elles surviennent le plus souvent durant une activité de la vie quotidienne et non suite à un traumatisme ou à une chute. Enfin, elles varient en fonction d’un niveau de sévérité. Les plus légères d’entre elles peuvent être négligées lors du diagnostic car souvent asymptomatiques.
  • Certaines données suggèrent qu’après une fracture l’administration rapide d’un traitement adapté pourrait réduire le risque de nouvelle fracture par rapport à un traitement décalé dans le temps.
  • Le dépistage opportuniste de l’ostéoporose par TDM (tomodensitométrie) pourrait être plus facilement utilisé pour identifier les sujets à risque.
  • À ce jour, l’une des principales raisons de l’insuffisance des traitements serait le fait que la prise en charge d’une fracture est encore considérée comme une priorité de faible niveau.