Origines mystérieuses du VHC : le sang et les seringues sont-ils les seuls responsables ou en existe-t-il d’autres ?


  • Antara Ghosh
  • Medical news
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Le virus de l’hépatite C (VHC) reste une cause majeure de maladie hépatique, touchant 130 à 150 millions de personnes dans le monde. Les origines du VHC chez les humains sont longtemps restées floues. Si l’on connait bien la transmission interhumaine, de récentes découvertes soulèvent une nouvelle question : l’attention exclusive portée aux humains ne devrait-elle pas être élargie à d’autres vecteurs ?

Le VHC était le seul membre confirmé du genre Hepacivirus jusqu’à la découverte d’hepacivirus génétiquement hétérogènes chez d’autres animaux, comme les chauve-souris, les chiens, les vaches, les chevaux, les primates et les rongeurs. Avec ces découvertes, une transmission croisée potentielle du VHC aux humains pourrait s’ajouter à la transmission interhumaine que l’on pensait exclusive. Une revue parue dans la publication Current Opinion in Virology évalue l’hypothèse possible.

Pybus et son équipe, s’appuyant sur l’histoire de l’évolution, suggèrent une transmission inter-espèces. Les hepacivirus du cheval (VH équin) et du chien (VH canin) sont les plus étroitement apparentés au VHC. On suppose que la lignée de VH équin/VH canin et de VHC est née de transmissions inter-espèces indépendantes d’une ou de plusieurs espèces sources encore non identifiées. Les données semblent désigner les rongeurs et les chauves-souris vivant dans les granges/étables qui pourraient consommer la nourriture destinée au bétail, engendrant ainsi une opportunité écologique de transmission inter-espèces.

Parmi les spéculations relatives à la transmission aux humains et aux chevaux, citons l’exposition aux hepacivirus de rats ou de chauve-souris par contamination fécale des aliments et de la literie ou par les fomites/aérosols. La transmission par morsure d’arthropodes est également possible. Aucune transmission par piqûre/morsure d’insecte n’a été signalée, mais selon les modèles mathématiques, ce type de transmission est difficile à observer. Si la transmission médiée par les insectes, en particulier les tabanidés, est prouvée, elle pourrait expliquer la transmission du VH équin entre chevaux, la transmission endémique du VHC chez les humains et l’origine des deux virus par transmission inter-espèces à partir d’espèces réservoir.

« Un travail bien plus approfondi, qu’il soit expérimental, épidémiologique ou exploratoire, sera nécessaire pour expliquer la transmission des hepacivirus dans les populations naturelles », affirment les auteurs.