Optimisation de la prescription d’antibiotiques à l’hôpital Cochin

  • Kernéis S et al.
  • The Annals of Thoracic Surgery
  • 19 mars 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Une forte proportion des pneumonies post-opératoires sévères (PPOs) survenues après une résection pulmonaire majeure sont dues à des bactéries à gram négatif autres que Haemophilus.
  • Quatre ans après la mise en place d’un programme multidisciplinaire de gestion des antibiotiques (ATB), la pertinence des prescriptions s’est améliorée.
  • En revanche, le taux de passage à un traitement spécifique en fonction des germes identifiés pourrait être encore amélioré.

 

 

Les pneumonies post-opératoires (PPO) représentent une complication fréquente et parfois sévère après une résection pulmonaire majeure et sont associées à une mortalité élevée (9% dans le cadre de l’étude réalisée). Elles sont aussi une cause majeure d’exposition aux ATB à large spectre.

Une incitation au suivi des recommandations

Depuis 2012, un programme de gestion des ATB impliquant les services de soins intensifs, les infectiologues, les microbiologistes et les chirurgiens a été mis en place au sein du département de chirurgie thoracique de l’hôpital Cochin, dans l’objectif d’améliorer la qualité des soins des patients atteints de PPOs. L’objectif était d’encourager la mise en œuvre des recommandations nationales et internationales adaptées selon l’épidémiologie locale, et notamment de réaliser de façon plus systématique des prélèvements bactériologiques pour arriver plus rapidement à des traitements ciblés en passant en revue chaque semaine les antibiothérapies initiées. L’optimisation de la durée des traitements était également visée. Quatre ans plus tard, l’impact de ces mesures vient d’être évalué.

Une optimisation des pratiques et des prescriptions

Sur les 1.555 patients ayant subi une chirurgie pulmonaire majeure au sein du département de chirurgie thoracique, 9,8% ont eu une PPO dans les 30 jours suivant l’intervention, et 5,8% ont présenté une forme sévère. Chez ces derniers, des échantillons respiratoires ont été prélevés avant la mise en route du traitement et une pneumonie a pu être confirmée dans 72% des cas. Les bactéries les plus fréquemment retrouvées étaient des entérobactéries (61% des cas), loin devant Haemophilus influenzae (20%), Staphylococcus aureus (15%) et Pseudomonas aeruginosa (14%).

Le traitement empirique était en accord avec les recommandations dans 80% des cas et a été correctement remplacé par un traitement plus ciblé au vu des analyses microbiologiques dans 74% des cas. La durée de l’antibiothérapie a été inférieure ou égale à 7 jours dans 78% des cas.