Obésité : les fondamentaux du mois

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Le meilleur des nouvelles études que nous avons sélectionnées après analyse de 564 articles cliniques sur l’obésité publiés au cours du mois dernier.


L’ESSENTIEL, N° 1

La prévalence de l’obésité a augmenté régulièrement chez les adultes, et a augmenté avant de se stabiliser chez les jeunes entre 1999 et 2014

Source : NCHS Data Brief

Principaux résultats

  • Aux États-Unis entre 2011 et 2014, environ 37 % des adultes et 17 % des jeunes étaient obèses.
  • Chez les adultes, la prévalence était supérieure pour les femmes, pour les individus d’âge moyen et les individus plus âgés, et pour les individus blancs, noirs et hispaniques (par rapport aux Asiatiques).
  • Chez les jeunes, la prévalence était plus élevée chez les plus âgés, et pour les individus blancs, noirs et hispaniques (par rapport aux Asiatiques).
  • La prévalence chez les adultes et les jeunes a globalement augmenté entre 1999 et 2014, mais chez les jeunes, elle s’est stabilisée au cours des dix dernières années.

Conception de l’étude

  • Une étude de cohorte en population utilisant les données des enquêtes National Health et Nutrition Examination Survey (enquêtes au niveau national visant à examiner la santé et l’alimentation).
  • Les estimations de la prévalence de l’obésité ont été définies pour 2011-2014 et comparées à celles des périodes antérieures.
  • Les valeurs ont été déterminées globalement pour les jeunes (entre 2 et 19 ans) et les adultes (20 ans et plus), et par âge, sexe et sous-groupes ethniques.

Limites

  • L’étude était observationnelle et n’a pas fourni d’informations sur les facteurs de causalité.
  • Les données n’ont pas été ajustées pour des comparaisons multiples et peuvent avoir été affectées par des effets résiduels de confusion.

Pourquoi est-ce important ?

  • L’obésité reste un problème de santé publique répandu et urgent dans la population américaine ; elle touche tous les sous-groupes.
  • L’effet des interventions visant à contrer l’augmentation dans le temps de la prévalence de l’obésité semble limité ou dépassé par des facteurs influençant cette tendance.

Résumé PubMed

 

L’ESSENTIEL, N° 2

Les femmes de poids normal qui prenaient du poids entre leurs grossesses présentaient un risque élevé de mortalité du nourrisson, alors que les femmes en surpoids qui perdaient du poids avaient un risque inférieur de mortalité néonatale

Source : The Lancet

Principaux résultats

  • Par rapport aux femmes dont l’indice de masse corporelle (IMC) restait stable entre les grossesses, les femmes qui prenaient au moins 4 unités d’IMC présentaient des risques élevés d’accoucher d’un enfant mort-né (risque relatif : 1,55 ; IC à 95 % : 1,23–1,96) et de mortalité du nourrisson (risque relatif : 1,29 ; IC à 95 % : 1,00–1,67).
  • En outre, le risque d’accoucher d’un enfant mort-né augmentait de manière linéaire avec l’augmentation de l’IMC entre les grossesses (p < 0,0001).
  • Chez les femmes qui avaient un IMC dit normal pendant leur première grossesse, celles dont l’IMC augmentait entre 2 et moins de 4 unités avant leur deuxième grossesse présentaient un risque élevé de mortalité du nourrisson (risque relatif : 1,27 ; IC à 95 % : 1,01–1,59) et celles dont l’IMC augmentait de 4 unités ou plus présentaient une augmentation supérieure du risque (risque relatif : 1,60 ; IC à 95 % : 1,16–2,22).
  • Parmi les femmes en surpoids pendant leur première grossesse, celles qui perdaient plus de 2 unités d’IMC avant leur deuxième grossesse connaissaient une diminution de moitié du risque de mortalité néonatale (risque relatif : 0,49 ; IC à 95 % : 0,27–0,88).

Conception de l’étude

  • Une cohorte en population de 456 711 femmes ayant donné naissance à leurs premier et deuxième enfants en Suède entre 1992 et 2012.
  • Les principaux résultats étaient les risques d’accoucher d’un enfant mort-né, ainsi que la mortalité néonatale, post-néonatale et la mortalité du nourrisson à la deuxième grossesse.

Limites

  • Les résultats ont pu être affectés par des effets résiduels de confusion.
  • Les résultats indésirables étaient plus fréquents chez les femmes exclues de l’étude, ce qui peut entraîner une sous-estimation des associations.
  • La puissance statistique a peut-être été réduite par l’intervalle limité de variation pondérale et la faible fréquence de certains résultats indésirables.

Pourquoi est-ce important ?

  • Prévenir la prise de poids entre les grossesses et encourager la perte de poids chez les femmes en surpoids peut améliorer les résultats de grossesse.

Résumé de l’éditeur

 

 

L’ESSENTIEL, N° 3

Un programme de formation à distance, en ligne et en temps réel, s’est montré efficace dans la promotion de la perte de poids et la diminution de l’indice de masse corporelle (IMC).

Source : Obesity (Silver Spring)

Principaux résultats

  • 66 % des participants du groupe d’intervention ont mené le programme à bien, en participant à au moins 10 des 15 séances. 95 % des participants du groupe contrôle ont mené le programme à bien.
  • Parmi les participants ayant mené à bien le programme, les participants du groupe d’intervention ont perdu plus de poids que ceux du groupe contrôle (1,8 contre 0,25 kg, p = 0,02) et leur IMC a connu une diminution supérieure (0,71 contre 0,14 kg/m2 p = 0,01).
  • La perte de poids était similaire dans une analyse en intention de traiter (1,76 contre 0,25 kg, p = 0,02).
  • Les groupes étaient statistiquement indifférenciables en matière de variations de la confiance en la capacité d’avoir une activité physique ou de suivre un régime alimentaire équilibré.
  • À 6 mois, les participants avaient maintenu la perte de poids observée à la fin de l’intervention.

Conception de l’étude

  • Un essai randomisé mené chez 80 adultes en surpoids ou obèses.
  • Les participants ont été répartis dans un groupe d’intervention (Eat Smart, Move More, Weigh Less Online [Mangez intelligemment, Bougez plus, Perdez du poids en ligne]) ou un groupe contrôle (liste d’attente).
  • L’intervention était un programme de perte de poids en ligne sur 15 semaines, composé de séances hebdomadaires d’une heure en temps réel avec un instructeur compétent, au cours desquelles les participants pouvaient voir l’instructeur et échanger avec lui.
  • Le principal résultat était une perte de poids à 15 semaines.

Limites

  • Les participants étaient principalement des femmes blanches instruites dont le revenu familial était élevé.
  • L’étude évaluait la confiance dans la capacité à avoir une activité physique et à changer de comportement alimentaire, et non les résultats réels.
  • Le suivi s’est arrêté 6 mois après la fin du programme.
  • L’échantillon de petite taille a peut-être limité la capacité à évaluer l’impact global de l’intervention.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les interventions se déroulant principalement en ligne offrent une alternative efficace pour les patients en surpoids qui ne peuvent pas ou ne veulent pas se déplacer pour suivre des programmes de perte de poids.

Résumé PubMed