Nutrition : l’approche actuelle par macronutriments ne serait pas forcément pertinente

  • Ho FK & al.
  • BMJ
  • 18 mars 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude prospective de très large envergure suggère qu’une approche par sous-types de nutriments plutôt qu’une approche globale par macronutriments serait plus adaptée pour comprendre les associations entre les apports nutritionnels et les conséquences sur la santé.

Ces conclusions sont portées après avoir constaté que les associations entre les macronutriments et la mortalité ou les événements cardiovasculaires ne seraient pas si linéaires que certaines études le suggèrent. Ceci est d’autant plus vrai lorsque l’on s’intéresse par exemple plus spécifiquement à l’amidon, aux fibres plutôt que globalement aux glucides. Cette étude invite également à une approche plus individuelle de la nutrition du fait des interrelations entre les différents nutriments.

Protocole de l’étude

Cette étude prospective est basée sur les données de 195.658 sujets de la UK Biobank(participants âgés de 37 à 73 ans) ayant complété au moins un questionnaire alimentaire (sur la consommation des 24 dernières heures). Le suivi global de la population était de 10,6 ans et de 9,7 ans pour l’incidence des événements cardiovasculaires.

Principaux résultats

Durant le suivi, 2,4% des participants sont décédés, dont 5,5% suite à un événement cardiovasculaire.

Cette étude a mis en évidence une association linéaire entre la consommation d’acides gras saturés, d’acides gras monoinsaturés ou polyinsaturés et la mortalité toutes causes confondues, ainsi qu’entre la consommation globale en glucides, lipides et les événements cardiovasculaires.

En revanche, c’est une association non linéaire qui est mise en évidence entre la consommation de glucides et de protéines et la mortalité toutes causes, ainsi qu’entre la consommation de fibres, d’acides gras polyinsaturés de protéines et les événements cardiovasculaires.

De nombreux autres constats sont réalisés dans cette étude, soulignant la complexité des associations entre les macronutriments, leurs composants pris individuellement et les conséquences sur la santé.

Cette étude souligne également l’importance d’une approche individualisée pour les conseils de substitution d’un nutriment par un autre. En effet, à titre d’exemple, le remplacement du sucre par de l’amidon serait associé à un plus faible risque de mortalité, mais ceci n’est vrai que si l’individu a un apport en amidon relativement faible, d’où l’importance de considérer les habitudes alimentaires de manière individuelle.