NutriNet-Santé: quelle association entre les habitudes alimentaires et la survenue de MICI ?

  • Vasseur P & al.
  • Inflamm Bowel Dis
  • 14 févr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’étude française NutriNet-Santé a exploré les associations entre les habitudes alimentaires, les aliments ultra-transformés et les maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI). Les résultats n’ont pas permis de mettre en évidence d’association, mais les auteurs appellent à la réalisation d’études de plus longue durée et intégrant un nombre de patients souffrant de MICI plus important afin de mieux évaluer ces éventuelles associations. 

Protocole de l’étude

Les participants de l’étude NutriNet-Santé – une étude prospective observationnelle - ont répondu à un questionnaire sur leur consommation alimentaire des 24 dernières heures (en utilisant la classification NOVA). Les cas de MICI ont été identifiés grâce à 3 questionnaires et ces données ont été confirmées par téléphone ou mail. Trois types d’alimentation ont été identifiées : une alimentation saine (riche en fruits et légumes, légumineuses, fruits secs, graines, céréales complètes, boissons non sucrées, lipides d’origine végétale et faible en viande dont jambon), traditionnelle française (constituée de pain, biscotte, viande, jambon, viande transformée, graisse d’origine animale, sauces, vinaigrette, fromage, pomme de terre, tubercules, boissons alcoolisées, faible en céréales pour le petit déjeuner et en céréales complètes) et occidentale (forte en produits sucrés – gâteaux, biscuits, pâtisseries – riche en matières grasses, produits céréaliers, collations salées, sauces, vinaigrette, fromage, viande transformée, boissons sucrées, faible en fruits, légumes, poissons, fruits de mer, bouillons, produits laitiers). 

Principaux résultats

Au global, les données de 105.832 individus ont été incluses sur un suivi moyen de 2,3 ans. L’âge moyen des participants était de 43,3 ans et 78% des individus étaient des femmes. Les sujets souffrant de MICI étaient globalement plus jeunes (âge moyen 39,3 ans) que les autres. Ils avaient une plus grande consommation de gâteaux, biscuits et pâtisserie ainsi que des apports en glucides (simples et ajoutés) supérieurs et des apports en acides gras saturés inférieurs aux autres individus. 

Parmi la cohorte globale, 75 sujets ont rapporté une MICI (27 cas de maladie de Crohn et 48 cas de rectocolite hémorragique).  Après ajustements, les analyses n’ont montré aucune association entre les trois types d’alimentation (saine, traditionnelle et occidentale), les aliments ultra-transformés et la survenue d’une MICI. Ainsi, alors que l’alimentation semble être un déterminant essentiel du risque de MICI, les résultats de cette étude ne permettent pas de soutenir cette assertion.

Principales limitations

Faible nombre de sujets souffrant de MICI, limitant la puissance de l’étude, et ne permettant pas l’analyses des associations avec la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique considérées individuellement.