NutriNet-Santé : les fibres dévoilent leurs vertus

  • Partula V & al.
  • Am J Clin Nutr
  • 5 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Les résultats d’une étude menée sur la cohorte prospective française NutriNet-Santé montrent qu’une forte consommation de fibres alimentaires, et en particulier de fibres solubles et de fibres issues des fruits est associée à une diminution du risque de maladie chronique (cardio- et cérébrovasculaire, diabète, cancer) et de décès prématuré. Cette étude révèle également que 92,5% de la population de la cohorte NutriNet-Santé n’atteindraient pas les apports quotidiens recommandés en fibres. Ces fibres proviennent de différents aliments – fruits, légumes, céréales, légumineuses – qui apportent eux-mêmes bien d’autres nutriments bénéfiques pour la santé. Cependant, même après ajustement sur les antioxydants, vitamines et minéraux, les tendances restent les mêmes, ce qui montre bien que les fibres ont un bénéfice spécifique.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Plusieurs hypothèses mécanistiques viennent supporter ces résultats, parmi lesquelles l’amélioration de la glycémie et de la réponse à l’insuline, la réduction des taux du cholestérol total et du LDL-cholestérol, la dilution des agents cancérigènes et de leur temps de contact avec la muqueuse intestinale, le rôle protecteur des acides gras à chaîne courte issus de la fermentation colique des fibres non digérées.

Méthodologie

Au total 107.377 sujets de la cohorte NutriNet-Santé ont été inclus dans les analyses. Pour chaque individu, la consommation habituelle en fibres alimentaires a été estimée par plusieurs questionnaires de la consommation sur 24h durant les deux premières années post-inclusion. L’objectif était d’évaluer les associations entre la prise de fibres alimentaires (totales, solubles, insolubles, provenant de fruits, légumes, céréales complètes, pommes de terre et tuberculeux) et le risque de maladies cardio- et cérébrovasculaires, de cancer, de diabète de type 2 et la mortalité.

Principaux résultats

Le nombre moyen de recueil alimentaire par personne était de 6 sur les deux premières années de suivi. Les différentes consommations moyennes en fibres ont été évaluées à 19,5 g/j pour les fibres totales, 5,7 g/j pour les fibres solubles, 13,8 g/j pour les fibres insolubles. Sur l’ensemble de la population, 92,5% des individus n’atteignaient pas les apports quotidiens recommandés de 30 gr de fibres/jour.

  • 635 individus sont décédés sur un suivi moyen de 5 ans, dont 408 en lien avec une maladie cardio-, cérébro-vasculaire ou un cancer. La consommation en fibres insolubles (ceux qui en consommaient le plus versus ceux qui en consommaient le moins) était associée à une diminution significative de 35% du risque de mortalité par cancer ou par maladie cardio- ou cérébro-vasculaire. 
  • 1.554 premiers évènements cardiovasculaires ont été déclarés sur un suivi moyen de 4,7 ans. La consommation de fibres solubles (entre les plus gros consommateurs et les plus faibles) permettrait de diminuer significativement le risque de maladie cardiovasculaire de 20%.
  • 1.711 premiers diagnostics de cancer ont été déclarés. Sur un suivi de 4,7 ans, la consommation de fibres solubles a été associée à une diminution significative de 59% du risque de cancer colorectal. 
  • 544 cas diagnostics de diabète de type 2 ont été recensés durant le suivi médian de 4,8 ans, le risque de diabète de type 2 a significativement diminué de 41% grâce à une consommation élevée de fibres totales et de 23% grâce à celle de fibres solubles.