NutriNet-Santé explore l’impact des boissons sucrées sur le risque de cancer…

  • Chazelas E & al.
  • BMJ
  • 10 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • La consommation de boissons sucrées augmenterait le risque global de cancer de 18% et le risque de cancer du sein de 22%.
  • La consommation spécifique de boissons 100% jus de fruits augmenterait le risque global de cancer. 
  • En revanche, la consommation de boissons édulcorées ne serait pas associée à une augmentation du risque de cancer. Cependant, ces derniers résultats présentent une puissance statistique limitée.
  • Ces données mériteraient d’être confirmées par des études prospectives de grande envergure.

Pourquoi cette étude a été menée ?

La consommation de boissons sucrées a déjà révélé avoir un impact sur la santé cardiométabolique, augmentant le risque de surpoids et d’obésité, l’incidence du diabète de type 2, l’hypertension et le décès d'origine cardiométabolique. En revanche, l’association entre la consommation de boissons sucrées et le risque de cancer est moins bien évaluée. Si l’obésité et l’insulino-résistance peuvent contribuer au développement de certains cancers, les auteurs rappellent que certains composés chimiques, tels que le 4-méthylimidazole présent dans les boissons à base de colorant caramel, sont définis comme carcinogènes par l’IARC (International Agency for Research on Cancer) ainsi que les pesticides présents dans les fruits. Les édulcorants artificiels type aspartam ont également été incriminés par certaines études.

Méthodologie

Les boissons sucrées comprenaient : toutes les boissons sucrées contenant plus de 5% de glucides simples, les jus de fruits à 100% (sans sucre ajouté), les boissons non alcoolisées (gazeuses ou non), les sirops, les boissons à base de fruits, les boissons pour sportifs, les boissons énergisantes, les boissons chaudes sucrées et les boissons sucrées à base de lait.

Un autre groupe de boissons comprenait toutes les boissons contenant des édulcorants.

Principaux résultats

Cette étude prospective initiée en 2009 a inclus 101.257 adultes (21,3% d’hommes, âge moyen 42,2 ans). Le suivi médian lié à cette analyse était de 5,1 ans. L’évaluation portait sur des mesures répétées des consommations des 24 dernières heures. Le risque global de cancer, ainsi que le risque de cancer du sein, de la prostate, du côlon et du rectum ont été évalués.

La consommation de boissons sucrées a été associée à une augmentation du risque global de cancer : hazard ratio pour  chaque augmentation de 100 mL/j 1,18 [1,10-1,27], p

La consommation de boissons édulcorée n’a pas été associée à un risque de cancer, mais les auteurs indiquent que les analyses peuvent avoir manqué de puissance.

Principales limitations

Ces données ne peuvent pas être généralisées car les sujets inclus étaient des volontaires, plus souvent des femmes et avec des habitudes de vie relativement saines.