Nouvelles recommandations sur la maladie de Lyme : la forme chronique non reconnue par les sociétés savantes

  • Jaulhac B et al.
  • Médecine et Maladies infectieuses
  • 31 mai 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Le nombre de cas de borréliose de Lyme n’est pas en augmentation depuis 10 ans.
  • La doxycycline apparaît comme la molécule de première intention dans le traitement de l’érythème migrant et des neuroborrélioses.
  • Le syndrome persistant polymorphe après possible morsure de tique (SPPT) n’est pas reconnu et un traitement antibiotique prolongé n’est pas recommandé chez les patients présentant des symptômes persistants après traitement.

 

Les Sociétés de pathologie Infectieuse de langue Française (Spilf) et le Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (CMIT), ainsi que d’autres société savantes ont émis leurs propres recommandations sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie de Lyme qui sont parues les 13 et 31 mai dans le journal Médecine et Maladies infectieuses. Elles font suite aux recommandations de la HAS parue en 2018 qui n’avaient pas recueilli leur assentiment. Ces nouvelles recommandations sont le fruit d’un travail collectif rassemblant l’expertise des infectiologues, mais aussi de médecins de différentes spécialités impliquées dans le diagnostic et la prise en charge de la maladie de Lyme (dermatologie, neurologie, rhumatologie, etc.). S’appuyant sur les données de Santé Publique France, elles rassurent d’abord concernant le nombre de cas de borrélioses de Lyme qui reste stable depuis une dizaine d’années.

La doxycycline en première intention

Concernant le traitement, la doxycycline (14j) représente la molécule de première intention, dans le traitement de l’érythème migrant, l’amoxicilline constituant une alternative possible. Elle apparaît également en première ligne dans la prise en charge des neuroborrélioses (14j en cas de forme précoce et 21 jours en cas de forme tardive), la ceftriaxone représentant alors un traitement alternatif possible. Les sociétés savantes justifient cette position par l’efficacité de la doxycycline sur d’autres pathogènes susceptibles d’être co-transmis par les tiques, ainsi que sur la forme neurologique de la maladie. Pour les formes articulaires, des traitements de plus longue durée (28j) par doxycycline, ceftriaxone ou amoxicilline sont recommandés.

Un désaccord persistant concernant le SPPT

Le désaccord des Sociétés savantes avec les recommandations 2018 de la HAS se poursuit concernant le syndrome persistant polymorphe après possible morsure de tique ou SPPT. Rappelons que cette forme chronique de la maladie y était caractérisée par la triade clinique associant un syndrome polyalgique, une fatigue persistante impactant les capacités physiques et des plaintes cognitives, d’autres signes fonctionnels polyorganiques pouvant venir s’y adjoindre. Les études ayant montré que la bactérie était éliminée après 4 semaines d’antibiothérapie, les Sociétés savantes recommandent de « ne pas répéter ou prolonger l’antibiothérapie ». Elles rappellent également que chez les patients présentant des symptômes persistants et polymorphes après une borréliose de Lyme documentée ou supposée, un bilan étiologique complet permet de porter un diagnostic distinct dans 80% des cas (voir l’article à ce sujet sur Univadis.fr).