Nouvelles recommandations ESMO : l’alopécie sous traitements


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L’European Society of Medical Oncology (ESMO) a publié en 2020 des recommandations de prise en charge de l’alopécie induite par la chimiothérapie et l’hormonothérapie.

Il s’agit d’un effet indésirable fréquemment rencontré dans ce contexte et sous-estimé dans bon nombre d’études. Selon un registre néerlandais, près de la moitié des patients traités par chimiothérapie perdraient plus de la moitié de leurs cheveux (alopécie de grade 2). L’alopécie induite par une hormonothérapie est moins bien documentée, mais pas moins invalidante pour les patients, elle pourrait concernée environ 25% des sujets sous tamoxifène. L’alopécie peut être partielle, diffuse ou inégalement répartie. Elle peut toucher les sourcils, cils et les poils du corps. 

L’alopécie chimio-induite débute généralement 1 à 3 semaines après le début du traitement. Son intensité dépendra du type, de la dose, du mode d’administration et du temps entre les perfusions. Les cheveux recommencent généralement à pousser 2 à 3 mois après la fin du traitement. Un changement de texture et de couleur peut survenir à la repousse. Les alopécies, même de grade 1 peuvent être psychologiquement difficiles à vivre pour les patients. 

L’alopécie induite par l’hormonothérapie est plus souvent de grade 1 et plus fréquente chez les femmes ménopausées. Elle se développe plus souvent entre 6 et 18 mois après le début du traitement. 

Les solutions préventives et curatives sont encore faibles. De fait, il est important de prévenir les patients de ces effets indésirables avant de commencer le traitement et d’évoquer la possibilité d’avoir recours momentanément à une prothèse capillaire, un turban ou un chapeaux 

Qu’est-il préconisé en prévention ?

  • La seule méthode préventive est le port du casque réfrigéré.  Cette méthode a cependant quelques contre-indications, notamment les hémopathies malignes, la radiothérapie totale du cerveau, la dystrophie post-traumatique due au froid, etc.  Cette méthode a une efficacité toute relative. Elle est globalement plus importante sous taxanes et moindre sous traitement associant des anthracyclines combinées avec des taxanes ou le cyclophosphamide.

Lorsque l’atteinte est présente, comment la prendre en charge ?

  • Il est utile de vérifier les taux sériques de TSH, vitamine D, zinc, ferritine pour corriger une éventuelle carence.
  • L’administration de biotine (2,5 mg ou 2.500 microgrammes par jour) ou d’acide orthosilicique (silicone 10 mg par jour) peut être considérée, mais n’est généralement pas recommandée.
  • Lorsque la chimiothérapie est terminée, le minoxidil 5% en topique peut favoriser la repousse. 
  • L’administration de spironolactone 50-100 mg deux fois par jour peut améliorer les alopécies de grade 2 dans certains cas. Mais le ratio bénéfice/risque ne justifie pas une utilisation en routine, et la spironolactone de fait pas l’objet de recommandations. Le bimatoprost en solution ophtalmologique peut également être utilisé en cas de chute des cils, mais n’est généralement pas recommandé.