Nouvelles obligations vaccinales : quel bilan 15 mois plus tard ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

Quinze mois après l’entrée en vigueur des nouvelles obligations vaccinales, le bilan s’avère plutôt positif :

  • + 5,5 points de 1ère vaccination avec un vaccin hexavalent incluant l’hépatite B
  • + 1,4 points pour la couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le pneumocoque
  • + 36,4 points pour la couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le méningocoque C
  • Augmentation des couvertures vaccinales également chez les enfants nés avant l’entrée en application de la loi

 

Afin de pallier la couverture vaccinale insuffisante en France, les 11 vaccinations préconisées avant l’âge de 2 ans sont devenues obligatoires pour tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Cette mesure n’ayant pas été bien accueillie par une partie de la population, elle a été accompagnée d'une campagne d'information de la part des autorités et d'une mobilisation de nombreux professionnels de santé.

Quinze mois plus tard, Santé Publique France nous propose un 1er bilan de ces nouvelles obligations qui s’avère plutôt positif puisque l'analyse des données de couverture vaccinale à l'âge de 7 mois montre une augmentation de :

  • 5,5 points pour l’utilisation du vaccin hexavalent : 98,6% des nourrissons nés en 2018 ont reçu pour leur première vaccination un vaccin hexavalent incluant l’hépatite B, contre 93,1% de ceux nés en 2017. Ce gain de couverture permet d'envisager à terme le contrôle de cette infection.
  • 1,4 points pour la couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le pneumocoque, qui passe de 98,0% à 99,4%.
  • 36,4 points pour la couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le méningocoque C, qui concerne 75,7% des enfants en 2018 contre 39,3% l'année précédente. Parallèlement, une nette diminution de l’incidence des infections invasives dues au méningocoque C chez les nourrissons âgés de moins de un an a été observée.

De plus, l’effort de communication sur la vaccination et l’implication des professionnels de santé ont également eu un impact global, en permettant d’améliorer les couvertures vaccinales des vaccins non obligatoires et des enfants nés avant le 1er janvier 2018.

Par exemple, la première dose de vaccin ROR étant recommandée à l’âge de 12 mois, il n’est pas encore possible de mesurer l’impact de l’obligation vaccinale pour cette vaccination chez les enfants nés en 2018. Cependant, si on compare les couvertures vaccinales des enfants ayant eu 12 mois en 2018 (1 dose : 87,2%) avec celles des enfants ayant eu 12 mois en 2017 (85,0%), on observe un gain de 2,2 points. Ce gain ne peut être attribué directement à l’obligation vaccinale mais peut être lié à la communication faite autour de cette obligation et de la vaccination en général. Cette augmentation peut également être liée à l’épidémie actuelle de rougeole.

De même, la couverture vaccinale contre le méningocoque C au-delà de l’âge de 2 ans a globalement augmenté.

Concernant la vaccination des jeunes filles contre les papillomavirus (HPV), la couverture vaccinale a augmenté, entre 2017 et 2018, de 3,2 points (26,2% à 29,4%) pour la 1ère dose chez les jeunes filles de 15 ans et de 2,3 points (21,4% à 23,7%) chez les jeunes filles de 16 ans. Ces augmentations, légèrement supérieures à celles observées entre 2016 et 2017, pourraient témoigner de l’impact positif de l’abaissement de l'âge de la vaccination à 11 ans mais peut-être également du renforcement récent de la communication autour de la vaccination.

Face à ce succès, les efforts d’information et d'explication ne doivent pas se relâcher car des progrès restent à faire, par exemple pour la vaccination contre les HPV qui reste faible.