Nouvelle salve de la Ligue contre le prix des médicaments oncologiques

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Paris, le jeudi 28 avril 2016 - Depuis plusieurs mois, le prix des nouvelles thérapies contre le cancer fait débat en France, alimenté notamment par les inquiétudes rendues publiques de nombreux cancérologues et des associations de patients. En pointe dans ce débat, la Ligue contre le cancer a lancé cette semaine une nouvelle charge avec un appel à signer sa pétition, qui s'appuie sur une affiche sans nuance. On y voit dessinés deux hommes confortablement assis qui s'interrogent : « Toujours dans le business, toi ? », tandis que l'autre répond : « Oui… Dans les nouveaux médicaments contre le cancer ». Avec ce poster, la Ligue contre le cancer dénonce une nouvelle fois le caractère très éloigné des considérations de santé publique des critères qui présideraient à la fixation des prix du médicament. Par ailleurs, dans le texte qui décrit son action, elle sonne clairement l'alarme en s'interrogeant : « Les personnes atteintes de cancer pourront-elles, toutes être soignées demain ? » avant d'ajouter : « Face à l'inflation des prix pratiqués par des laboratoires pharmaceutiques enclins à optimiser leurs gains, des menaces réelles pèsent sur l'équité d'accès des patients aux traitements innovants des cancers et sur la pérennité de notre système de santé solidaire ». Aussi, la Ligue appelle les citoyens à faire pression sur les décideurs publics, notamment à l'occasion du prochain sommet du G7 les 26 et 27 mai prochain à Tokyo afin d'obtenir une plus grande transparence dans la fixation des prix des médicaments contre le cancer, ce qui passerait notamment par une gestion des conflits d'intérêt entre les « décideurs en santé » et l'industrie pharmaceutique. La Ligue souhaite également que les associations de patients puissent siéger au sein du Comité économique des produits de santé (CEPS) ou encore que le prix soit « fondé sur le coût réel de la recherche, du développement et de la production-distribution ».

Dénigrement

Cette nouvelle salve a été rapidement dénoncée par le syndicat représentant l'industrie pharmaceutique, qui l'a qualifié de « désinformation flagrante ». Le LEEM tient en effet à rappeler « qu'aucun patient en France n'a jamais été privé de traitement pour les raisons économiques ». Il insiste encore sur le fait que « Plutôt que de s'inscrire dans le dénigrement d'un secteur dont la vocation est de sauver des vies (…), la Ligue gagnerait à contribuer de manière constructive à la réflexion de tous les acteurs sur la nécessaire réforme structurelle du système de soins » a sévèrement tancé l'organisation patronale.

Le coût de la recherche augmente-t-il ?

Au-delà de ces positions irréconciliables, le débat peine effectivement à s'inscrire dans une voie constructive. Prégnant depuis des années aux Etats-Unis, pays où la question du profit est bien moins taboue que dans nos contrées et où des cancérologues travaillant régulièrement avec l'industrie prennent aussi part aux discussions, le débat achoppe entre autres sur la question du coût réel de la recherche. Quand la Ligue contre le cancer et de nombreux cancérologues affirment que le prix de la recherche et du développement a diminué, d'autres experts n'ont pas la même analyse. Jean-Marc Aubert, directeur conseil et service du c...