Nouvelle perspective de traitement anti-goutteux ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une étude preuve de concept, randomisée, menée en double aveugle montre l’efficacité de l’inhibition de l’interleukine (IL)-1β par le dapansutrile dans le traitement de la crise de goutte à travers la réduction de la douleur articulaire et des biomarqueurs de l’inflammation. Ces premiers résultats sont encourageants tant en termes d’efficacité que de tolérance, mais nécessitent d’être confirmés par des études cliniques de plus large envergure.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Cette étude suggère que le dapansutrile a un potentiel intéressant dans le traitement de la goutte. Les auteurs évoquent que cette molécule pourrait également être efficace sur d’autres pathologies chroniques inflammatoires impliquant la voie du NLRP3, comme le diabète de type 2, l’athérosclérose, l’insuffisance cardiaque, la sclérose multiple, la maladie d’Alzheimer…

Méthodologie

Cette étude preuve de concept est une étude ouverte de phase 2a menée chez des sujets âgés de 18 à 80 ans et souffrant de crise de goutte monoarticulaire. Ils étaient randomisés pour recevoir par voie orale, du dapansutrile 100 mg/j, 300 mg/j, 1.000 mg/j ou 2.000 mg/j durant 8 jours. 

Principaux résultats

Cent quarante-quatre patients étaient éligibles. Les critères d’exclusion étaient le traitement par antalgique en cours, la prise de corticoïdes dans les quatre dernières semaines, ou d’un AINS dans les 12 dernières heures et un débit de filtration glomérulaire inférieur à 40mL/min. Ainsi, au total, 34 ont été inclus dans l’étude (dont 29 en analyse per-protocole). Parmi eux, 69% souffraient d’une crise de goutte située au niveau de la première phalange métatarsienne, 24% d’une atteinte au niveau de la cheville et 7% au niveau du genou. Sur l’ensemble de la population, huit sujets ont reçu 100mg/j de dapansutrile, sept 300mg/j, six 1.000mg/j et huit 2.000 mg/j.

La douleur à l’articulation atteinte, le handicap global et le handicap à la marche étaient diminués au 3et 7jour de l’étude, sans différence significative entre les quatre bras de traitement. Dès le 3jour de traitement, la réduction de la douleur articulaire était significativement diminuée dans les bras 100mg/j (réduction de la douleur de 52,3%), 1.000 mg/j (-55,8%) et 2.000 mg/j (-57,6%) par rapport à l’inclusion.

À 7 jours, la réduction de la douleur était significative dans tous les groupes, -82,1%, -84,2%, - 68,9% et -83,9% respectivement sous dapansutrile 100 mg/j, 300 mg/j, 1.000 mg/j et 2.000 mg/j.

Les principaux évènements indésirables étaient d’ordre métaboliques, des troubles nutritionnels (37,8%) et des troubles gastro-intestinaux (22,2%). Deux évènements indésirables graves (hospitalisation pour aggravation de la crise de goutte et sténose coronarienne) sont survenus durant l’étude mais sans lien avec le traitement.

Des analyses post-hoc ont montré que 50%, 71%, 67% et 75% des sujets traités respectivement par danpasutril 100, 300, 1.000 et 2.000 mg/j avaient une réduction d’au moins 50% de leurs douleurs au 3jour. 

Par rapport à l’inclusion, les taux plasmatiques d’IL-1β avaient diminué au 3et 7jour sans différence significative entre les différents groupes. En revanche, les taux plasmatiques d’IL-6 n’étaient significativement réduits à J7 que pour ceux qui avaient reçu 300, 1.000 ou 2.000 mg/j. 

Limites de l’étude

Le  nombre de patients inclus est très faible. Il s’agit d’une étude preuve de concept. 

Financement

Étude financée par Olatex Therapeutics, US National Institutes of Health et Interleukin Foundation.