Nouveaux éléments de preuve en faveurs des stents à élution médicamenteuse vs stents métalliques nus chez les sujets âgés

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Les stents métalliques nus (SMN) sont préférés aux stents à élution médicamenteuse (SEM) chez les sujets âgés afin de réduire la durée du traitement antiplaquettaire. Une étude a comparé dans cette population la survenue d’évènements cardiaques et cérébrovasculaires indésirables majeurs sous traitement antiplaquettaire de courte durée et ayant reçu soit un stent métallique nu, soit un stent à élution médicamenteuse.

Méthodologie

  • L’étude SENIOR est une étude randomisée en simple aveugle, menée au niveau international dans 44 centres de 9 pays.
  • Les patients devaient avoir 75 ans ou plus, souffrir d’angor stable, d’ischémie silencieuse ou encore de syndrome coronarien aigu et avoir au moins une artère coronaire présentant une sténose visuelle d’au moins 70% (≥50% pour l’artère principale gauche) pour être éligible à une intervention coronarienne percutanée (ICP).
  • Après enregistrement de la durée du traitement par antiplaquettaire prévue (1 mois pour les patients avec état clinique stable et 6 mois pour les autres), les patients ont été randomisés (1:1) et stratifiés par site et par antiplaquettaire utilisé pour recevoir soit un stent métal ou un stent à élution médicamenteuse.
  • Le critère principal d’évaluation était la survenue d’événements indésirables cardiaques et cérébrovasculaires majeurs (comprenant la mortalité toutes causes, l’infarctus du myocarde, l’ischémie liée à la revascularisation de la lésion cible, l’AVC) à un an, en intention de traiter.
  • Les données ont été mesurées à 30 jours, 180 jours et un an et ont été comparées entre les deux groupes.

Résultats

  • Entre le 21 mai 2014 et le 16 avril 2016, 1.200 sujets ont été randomisés (604 dans le groupe SMN et 596 dans la groupe SEM).
  • 1.089 sujets (91%) ont participé à la visite des 12 mois (544 (90%) dans le groupe SMN et 545 (91%) dans le groupe SEM).
  • Les patients étaient âgés en moyenne de 81,4 ans (62% d’hommes). Globalement l’ensemble de la population avait un profil à haut risque (incluant hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation atriale, insuffisance rénale, antécédent d’infarctus du myocarde, anémie).
  • Les caractéristiques des deux groupes étaient similaires en dehors d’un taux supérieur d’antécédent d’infarctus du myocarde dans le groupe SEM et un taux supérieur d’hypertension et de maladie vasculaire périphérique dans le groupe SMN.
  • À un an, le risque de survenue du critère principal d’évaluation était inférieur de 29% dans le groupe SEM par rapport au groupe SMN : 98 sujets (16%) dans le groupe SMN et 68 sujets (12%) dans le groupe SEM (soit un risque relatif (RR) de 0,71 [0,52-0,94], p=0,02).
  • À un an, les complications à type de saignements sont survenues chez 29 sujets (5%) du groupe SMN et 26 (5%) du groupe SEM (risque relatif 0,90 [0,51-1,54], p=0,68), et une thrombose de stent est survenue chez 8 sujets (1%) sous SMN et 3 sujets (1%) sous SEM (RR : 0,38 [0,00-1,48], p=0,13).

Limitations

Le nombre de patients par centre variait énormément et pouvait ne pas refléter la taille du centre. Ceci a pu affecter la qualité des résultats.

Financements

Étude financée par Boston Scientific.

À retenir

Chez les sujets âgés de 75 ans et plus nécessitant une intervention coronarienne percutanée pour maladie coronarienne stable ou non, et recevant un traitement antiplaquettaire de courte durée, l’utilisation d’un stent à élution médicamenteuse diminuerait le risque d’évènement cardiovasculaire et cérébrovasculaire majeur par rapport à un stent métallique nu. La proportion de complications à type de saignements ou de thrombose de stent semble en revanche similaire entre les deux traitements.