Nouveau : une feuille de route de la prise en charge des personnes en situation d’obésité


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

L’obésité est en France une véritable préoccupation de santé publique. De nombreuses actions ont été impulsées par le Plan Obésité 2010-2013, mais celles-ci restent insuffisamment connues, suivies et évaluées. Une feuille de route de « Prise en charge des personnes en situation d’obésité » impulsée par la DGOS-DGS-CNAM et avec la contribution de la HAS vient de paraître pour continuer à rendre lisibles et synergiques les actions de terrain.

L’obésité a un impact sociétal important

En France, 17% des adultes sont en obésité, soit plus de 8 millions de personnes. Si globalement la prévalence de l’obésité s’est stabilisée entre 2006 et 2015, des données indiquent que celle de l’obésité morbide (IMC>40 kg/m2) a augmenté entre 2006 et 2016. L’obésité représente selon des données de 2012, 2,8 milliards d’euros pour les soins de ville et 3,7 milliards d’euros pour l’hôpital. L’obésité touche de manière inégale les classes les plus défavorisées, avec des enfants d’ouvriers 4 fois plus concernés que les enfants de cadres. Le risque d’obésité est également augmenté chez les sujets qui ont une déficience intellectuelle, contribuant ainsi à aggraver certaines situations de handicap.

Une prise en charge médicale en ville encore insuffisamment structurée

Si la prise en charge médicale est bien structurée au niveau hospitalier, il n’en est pas de même en ville. La prise en charge chirurgicale s’est organisée et représente un recours important, puisque 60.000 actes ont été réalisés en 2016.

Le Plan obésité 2010-2013 a permis des avancées significatives en termes de prévention, de dépistage des enfants et des adultes, d’organisation des soins en favorisant la diffusion de recommandations et outils spécifiques auprès des médecins généralistes et des pédiatres. L’offre s’est ainsi peu à peu structurée autour de 37 centres spécialisés de l’obésité (CSO).

Quels sont les socles de cette feuille de route ?

La feuille de route « Prise en charge des personnes en situation d’obésité », établie pour la période 2019-2022, s’intègre dans la stratégie nationale de santé (SNS) à travers son Axe 2 - lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé ; son Axe 3 - garantie de la qualité, de la sécurité et de la pertinence des prises en charge, et son Axe 4 - innovation pour transformer notre système de santé en réaffirmant la place des citoyens. Elle s’appuie également sur la définition d’un parcours, l’élaboration de messages pertinents et le développement d’indicateurs qualité du parcours (chantier 4 de « Ma santé 2022 »).

Quatre axes prioritaires et 7 actions

Cette feuille de route s’articule autour de quatre axes de la prise en charge de l’obésité :

  • Améliorer la prise en charge des personnes atteintes de surpoids et d’obésité par la structuration de parcours de soins gradués et coordonnés.
  • Le renforcement de la régulation de la chirurgie bariatrique pour une meilleure pertinence.
  • Le développement de la formation des professionnels et de l’information des personnes en situation d’obésité.
  • Le soutien de l’innovation et le mieux-évaluer.

Les sept actions phares sont :

  1. La détection précoce des personnes en situation d’obésité ou à risque d’obésité par la saisie régulière du poids et de la taille dans le Dossier Médical Partagé-DMP, et ce dès le plus jeune âge.
  2. L’orientation des personnes en situation d’obésité ou à risque d’obésité vers les équipes compétentes. Les parcours de soins seront gradués et personnalisés, c’est-à-dire adaptés à la complexité de la situation de chaque patient.
  3. L’amélioration de la lisibilité de l’offre sur les territoires et, plus globalement, l’information des personnes en situation d’obésité.
  4. Le conditionnement dés 2020 de l’activité de chirurgie de l’obésité à une autorisation selon des critères de qualité.
  5. Le renforcement des centres spécialisés de l’obésité (CSO) dans leur rôle d’animation et de coordination de la filière de soins ainsi que d’appui des professionnels.
  6. L’adaptation et le soutien de la filière obésité dans les Outre-Mer.
  7. La poursuite du déploiement des expérimentations innovantes en direction de publics ciblés.