Non présentation de dossier en réunion de concertation pluriprofessionnelle : quelles conséquences cliniques ?

  • Foucan AS & al.
  • Clin Res Hepatol Gastroenterol
  • 28 avr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude a évalué sur deux départements français les facteurs associés à la prise en charge médicale de patients nouvellement diagnostiqués pour cancer du côlon en fonction de l’étude ou non de leur dossier en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Les résultats mettent en évidence que la RCP constitue l’approche la plus courante. Après ajustement sur le sexe, les comorbidités, le stade de la tumeur, l’établissement de soin et les circonstances du diagnostic, seuls l’âge avancé et le fait de vivre en zone défavorisée étaient associés à la non présentation d’un dossier en RCP. Les patients dont le dossier n’était pas présenté en RCP avaient moins de chance de bénéficier d’un scanner thoracique, et d’une chimiothérapie après une chirurgie lorsque le cancer était avancé (stade III-IV). Ils avaient également un risque de décès précoce plus élevé.  

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Bien que la présentation des dossiers médicaux en RCP soit de plus en plus fréquente depuis plusieurs années, peu de données existent réellement sur l’impact du passage ou non d’un dossier dans ces commissions pluridisciplinaires, sur la prise en charge médicale et l’évolution du patient.

Méthodologie

Il s’agit d’une étude observationnelle, multicentrique. Les adultes ayant reçu un diagnostic de cancer du côlon en Gironde et dans le Tarn durant l’année 2010 ont été inclus dans le registre du cancer de ces deux départements. Parmi ces sujets, tous ceux dont les dossiers n’ont pas bénéficié d’un passage en RCP ont été inclus du fait de leur faible nombre, ainsi que 50% (pour la Gironde) et 75% (pour le Tarn) de l’ensemble des patients dont les dossiers étaient passés en RCP.

Principaux résultats

Au total, 142 patients ayant reçu le diagnostic de cancer du côlon et dont les dossiers n’ont pas été présentés en RCP ont été inclus ainsi que 431 patients dont les dossiers ont été présentés en RCP. Les patients dont les dossiers n’avaient pas été vus en RCP étaient globalement plus âgés que les autres (78,9 ans vs 72,5 ans), et vivaient dans des zones plus défavorisées (52,5% vs 35,6%). Ainsi, l’âge avancé du sujet ou le fait de vivre en zone défavorisée doublait le risque de ne pas passer en RCP. Après ajustement, ces deux critères étaient les seuls associés au fait qu’un dossier ne soit pas présenté en RCP. Les délais entre le diagnostic et la chirurgie étaient plus courts chez les sujets dont les dossiers ne passaient pas en RCP par rapport aux autres (21,7 versus 34,6 jours). Les circonstances du diagnostic étaient également différentes entre ces deux groupes. Les cas dont les dossiers n’avaient pas bénéficié d’une RCP avaient plus souvent été diagnostiqués lors d’une urgence chirurgicale.

Après exclusion des cas qui sont décédés dans le mois suivant le diagnostic, les analyses ont montré que les scanners thoraciques étaient moins souvent réalisés chez les sujets dont les dossiers n’étaient pas présentés en RCP. 

Les patients ayant un cancer de stade III ou IV et dont les dossiers n’étaient pas passés en RCP étaient plus souvent traités par chirurgie seule (57,1% vs 36,4%) alors que les autres bénéficiaient plus souvent d’une chirurgie suivie d’une chimiothérapie (67,0% vs 44,1%).

Sur l’ensemble de la population, le taux de mortalité des sujets dont les dossiers n’étaient pas vus en RCP était plus élevé (61,0% vs 19,0%). Ils décédaient plus rapidement (délais entre le diagnostic et le décès 264,9 vs 338,0 jours). Un peu plus d’un quart des sujets dont les dossiers n’étaient pas étudiés en RCP décéd