Non, la prise en charge des patients diabétiques de type 2 en France n’est pas figée !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Un observatoire offre l’opportunité d’avoir une vision longitudinale de la prise en charge du diabète de type 2 en France et précise les rôles respectifs des médecins généralistes et des spécialistes. La metformine seule ou en association reste le traitement le plus utilisé. Les inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase 4 (iDPP-4) progressent et sont quasiment autant prescrits que les sulfamides hypoglycémiants. En revanche les agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide-1 (AR-GLP1) sont minoritaires. Les données montrent que les responsabilités de la prise en charge des patients DT2 sont largement partagées entre les médecins généralistes et les spécialistes, chacun initiant environ la moitié des traitements par AR-GLP1 et insuline basale. Cela tient à la prévalence de la maladie et au faible nombre de diabétologues (environ 1.800). Les généralistes resteraient les médecins référents des patients sous anti-hyperglycémiants oraux alors que les spécialistes seraient plus impliqués dans le suivi des patients sous injectables.

Pourquoi est-ce important ?

Les dernières données épidémiologiques françaises sur la prise en charge des patients souffrant de DT2 sont issues des enquêtes « Echantillon National Témoin Représentatif des personnes Diabétiques traitées » ENTRED 2001-2003 et ENTRED 2007-2010. ENTRED 3 est en cours et ses résultats sont attendus pour 2019. D’où l’intérêt de ce point d’étape avec cet observatoire dynamique basé sur un grand nombre de patients.

Méthodologie

Observatoire de la prise en charge médicamenteuse du DT2 en France entre décembre 2014 et novembre 2015, avec un focus plus particulier sur l’utilisation des traitements injectables et la place respective des médecins hospitaliers, diabétologues/endocrinologues libéraux et médecins généralistes (MG). Les données de délivrance des médicaments concernés issues des bases d’IMS Health à partir de 7.100 pharmacies ont été croisées avec les données de la carte Vitale. Le suivi de la continuité des délivrances pour un même patient offre une vision longitudinale de la prise en charge quel que soit le prescripteur. Une analyse sur les 9 mois précédant la période étudiée a permis de savoir si le patient était en initiation ou déjà sous traitement injectable.

Principaux résultats

La population brute de diabétiques identifiée à travers la base de données sur 12 mois en cumul mobile annuel était de 847.122 patients DT2 (94,2%) et 48.742 patients DT1 (5,8%). L’âge moyen des sujets DT2 traités était de 69,7 ans. Sur la période étudiée, 73% des patients étaient sous anti-hyperglycémiants oraux et 27% sous traitement injectable associé ou non à une forme orale. Au global, 65% des patients ont bénéficié d’un traitement par metformine seule ou en association, 36% d’un sulfamide, 32% d’un traitement par iDPP-4 et 5% d’un AR-GLP1. Le traitement par monothérapie concerne 41% des patients, avec une monothérapie par metformine pour 5 patients sur 10. L’initiation de l’insuline basale intervenait environ 10 ans après celle des AR-GLP1, à respectivement 69,7 ans versus 59,5 ans. Lorsqu’ils étaient sous traitements injectables (± une forme orale), les patients étaient majoritairement (39%) sous insuline basale seule, puis sous insuline basale et rapide (24%) et ensuite sous AR-GLP1 (11%). Au cours de la période évaluée, environ un quart des patients sous traitement injectable a bénéficié d’une adaptation de son traitement (initiation, ajout d’au moins un autre traitement injectable ou changement de traitement injectable).

Les médecins généralistes réalisaient la majorité des prescriptions de traitement par voie orale, et initiaient 46%, 52% et 32% respectivement des traitements par AR-GLP1, insuline basale seule et insuline basale plus insuline rapide. Les médecins généralistes intervenaient pour 48% des intensifications par ajout d’une insuline rapide à un schéma basale seule (± une forme orale).

Les spécialistes quant à eux étaient plutôt acteurs de la prescription des traitements injectables et de l’intensification de la prise en charge.

Principales limitations

  • Absence de données cliniques et biologiques.

Financement

Étude financée par Novo Nordisk France.