Noël, le Jour de l’An, la Coupe du Monde de foot, la Ligue des champions de l’UEFA… : influencent-ils le risque d’IDM ?

  • Mohammad MA & al.
  • BMJ
  • 12 déc. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Cette étude couvrant une période de 16 ans de données cliniques d’infarctus du myocarde suggère que le risque d’IDM serait effectivement plus élevé à Noël et au Jour de l’An. Le risque serait tout particulièrement majoré la veille de Noël, chez les sujets de plus de 75 ans, ainsi que chez ceux qui souffrent de diabète ou de coronaropathie. Par ailleurs, les analyses montrent que le risque d’IDM serait statistiquement plus important le lundi, le matin vers 8 heures et chez les patients ayant déjà eu un infarctus du myocarde sans élévation du segment ST (NSTEMI). De quoi redoubler de vigilance durant ces fêtes de fin d’année envers vos patients et proches qui correspondent à ces profils. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Le même auteur avait récemment publié une étude évaluant l’impact des conditions climatiques sur le risque d’IDM. Cette fois-ci, il apporte grâce à cette publication de nouvelles données sur le sur-risque d’IDM lors de certaines fêtes nationales et grands évènements sportifs, de moments de stress, d’émotion, ou d’excès potentiels. 

Cette étude contribue également à apporter de nouvelles données sur les aspects de rythmes circadiens ou infradiens qui pourraient être associés à ces accidents cardiovasculaires.

Méthodologie

SWEDEHEART est une étude observationnelle, rétrospective utilisant les données renseignées entre 1998 et 2013 dans le registre national suédois des unités de soins coronariens. La date d’apparition des symptômes était documentée pour chacun des cas sélectionnés. Tous les cas survenus à Noël, au Jour de l’An, à Pâques, durant les vacances d’été – notamment à la Saint-Jean le 24 juin, deuxième plus grande fête en Suède après Noël-, lors de la Coupe du Monde de la FIFA, de La ligue des champions de l’UEFA ou encore durant les Jeux Olympiques d’hiver ou d’été ont été identifiés.

Principaux résultats

Durant les 16 années évaluées, les données de 283.014 admissions hospitalières pour IDM ont été enregistrées dans le registre SWEDEHEART et incluses dans l’étude. Parmi ces sujets, 95.176 avaient un IDM avec élévation du segment ST (STEMI). Les patients STEMI étaient plus jeunes de quatre années en moyenne et étaient plus susceptibles d’être des hommes et de fumer par rapport aux patients NSTEMI.

Le risque d’IDM était plus élevé la veille de Noël, le jour de Noël, les jours de boxe, et le Jour de l’An. Ainsi, le risque d’IDM était augmenté de 15% durant la période de Noël et du Jour de l’An (ratio de risque d’incidence 1,15 [1,12-1,19], p

En revanche, ni la Coupe du Monde de foot, ni La ligue des champions de l’UEFA n’étaient associés à un sur-risque d’IDM. Une tendance à l’augmentation du risque d’IDM a été associée aux Jeux Olympiques d’été chez les hommes, mais sans significativité statistique après ajustement.

Du côté de la chronobiologie, le risque d’IDM était statistiquement plus important le lundi, ainsi qu’à 8 heures du matin, et tout particulièrement chez les patients NSTEMI.

Les sujets âgés de 75 ans et plus, ainsi que les sujets diabétiques et ceux qui avaient des antécédents de coronaropathie avaient un sur-risque d’IDM. 

Principales limitations

Il s’agit des limitations inhérentes à une étude observationnelle et rétrospective, pour laquelle aucun lien de causalité ne peut être déterminé et les données disponibles parfois limitées.