Nez bouché : all you need is love!

  • Bulut OC & al.
  • Ear Nose Throat J

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon cette étude allemande originale, des rapports sexuels avec orgasme peuvent améliorer la respiration nasale chez des sujets ayant le nez bouché.
  • L’effet obtenu après une relation sexuelle est immédiat et de même amplitude que celui obtenu avec un décongestionnant. Il s’estompe au-delà de 60 minutes pour rejoindre le niveau de l’inclusion à 3h, alors qu’il perdure avec le décongestionnant.
  • Cette amélioration de la respiration nasale après une relation sexuelle n’était toutefois significative que chez les sujets qui avaient une obstruction nasale à l’inclusion (score NOSE >30).

 

Qu’est-ce qui a bien pu pousser une très sérieuse équipe de recherche allemande à explorer ce sujet ? L’existence d’un lien physiologique entre le nez et les parties génitales a été suspectée il y a déjà fort longtemps par Fliess, un proche ami de Freud, donnant naissance à la théorie de la « nasal reflex neurosis ». Elle n’a jamais reposé sur des éléments scientifiques bien tangibles. Pourtant, l’exercice physique et les changements hormonaux sont connus pour avoir un effet sur l’obstruction nasale. Des chercheurs de l’hôpital universitaire d’Heidelberg ont entrepris d’évaluer l’effet de l’activité sexuelle sur la respiration nasale et l’ont comparé à celui d’un décongestionnant. Leurs résultats leur a valu de recevoir le prix Ig Nobel 2021 de médecine. Rappelons que ce prix récompense des recherches loufoques mais très sérieuses et qui posent de nouvelles questions.

Méthodologie

La respiration nasale a été évaluée chez 36 participants (18 couples homme-femme, âge moyen 33 ans, tous professionnels de santé) avant l’activité sexuelle (point de référence), immédiatement après, puis 30 minutes, une heure, et 3 heures après une relation sexuelle avec orgasme, à l’aide d’une échelle visuelle analogique subjective (VAS) et d’un rhinomètre portable (mesure objective de la résistance du flux d’air nasal). Les mêmes mesures du flux aérien nasal ont été répétées le jour suivant après application d’un décongestionnant nasal.

Résultats

  • La respiration nasale s’est améliorée de façon significative après la relation sexuelle avec orgasme, ainsi qu’avec le décongestionnant nasal : augmentation du flux aérien mesuré au rhinomètre et réduction de la résistance nasale sur l’échelle VAS.
  • Cet effet a pu être observé immédiatement après les rapports et perdurait encore 30 et 60 minutes après. Il était du même ordre de grandeur que celui obtenu avec un décongestionnant nasal jusqu’à 60 minutes après, mais diminuait ensuite. Le niveau d’encombrement nasal revenait à celui de référence 3 heures après les rapports, alors qu’il se maintenait avec le décongestionnant nasal.
  • Les mesures utilisant le score NOSE (Nasal Obstruction Symptom Evaluation score) ont montré que l’amélioration obtenue après rapports sexuels par rapport à l’inclusion était significative sur l’échelle VAS et au rhinomètre à tous les points de mesure (excepté à 3h) chez les sujets qui avaient un score NOSE >30 à l’inclusion (obstruction nasale), mais apparaissait de façon moins nette chez ceux dont le score NOSE était inférieur à ce seuil (absence d’obstruction).

Limites

  • Les données rhinométriques n’ont pas pu être collectées chez tous les participants.
  • La population n’est pas représentative de la population générale, ce qui limite la généralisation des résultats.