NeuroZika : quels signes cliniques à court et à plus long terme ?

  • Lannuzel A & al.
  • Neurology
  • 26 avr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Des chercheurs français ont étudié les manifestations du neuroZika lors de l’épidemie qui a eu lieu aux Antilles en 2016. Leurs observations, menées chez des sujets hospitalisés, montrent un large spectre des signes neurologiques associés à l’infection pouvant atteindre aussi bien le système nerveux central que périphérique, les plus fréquents étant les syndromes de Guillain-Barré (46%) et les encéphalites ou encéphalomyélites (20,7%). Ces manifestations perdurent à plus long terme dans un cas sur quatre et la présence de l’ARN viral constitue dans ces cas un bon marqueur pronostique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le virus Zika est transmis par des moustiques du genre Aedes auquel appartient le moustique tigre. Ce virus émergent a été responsable de plusieurs épidémies depuis 2007, dont une des plus récentes a sévi en Martinique et en Guadeloupe en 2016. L’infection ayant été associée à des manifestations neurologiques importantes chez les adultes comme chez les enfants, des chercheurs français ont mené une étude observationnelle pour analyser l’ensemble du spectre de leur expression clinique, ainsi que leur évolution, chez des sujets admis à l’hôpital entre janvier et septembre 2016. Leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Neurology.

Méthodologie

Pour être inclus, les patients devaient présenter à l’admission des symptômes neurologiques d’apparition récente en lien avec une infection documentée par le virus Zika : détection de l’ARN viral dans un fluide biologique (urine, plasma ou liquide céphalo-rachidien), immunodétection ou infection probable par le virus Zika dans le mois précédent avec signes cliniques typiques de l’infection.

Résultats 

  • Sur les 87 patients enrôlés, la plupart (93%) ont dû être hospitalisés, dont 6 enfants de 10 mois à 16 ans.  Les atteintes du système nerveux périphérique étaient les plus fréquentes, présentes chez 62,1% des sujets : syndromes de Guillain-Barré (46%), paralysie simple ou multiple des nerfs crâniens (9,2%), ou autres manifestations périphériques (6,9%). Des atteintes centrales ont également été identifiées dans 21,8% des cas : encéphalites ou encéphalomyélites (20,7%) ou AVC (1,1%). Enfin, 16,1% des participants présentaient une atteinte mixte, le plus souvent du fait d’une association de polyradiculopathie et de myélite ou d’encéphalite.
  • Chez les sujets dont l’infection Zika avait pu être confirmée par RT-PCR (73,6%), le handicap neurologique était plus sévère selon le score mesuré sur l’échelle de Rankin modifiée (mRS). Les chercheurs ont également relevé que tous ceux pour qui une ventilation mécanique s’était avérée nécessaire avaient reçu une confirmation de la présence de l’ARN viral (37,5%). Deux patients adultes sont décédés du neuroZika.
  • Chez les patients qui ont pu être suivis sur la durée (n=76, durée de suivi médiane 14 mois), un handicap résiduel (score sur l’échelle de Rankin modifiée (mRS) ≥2) a perduré chez 25% d’entre eux, dont 7,9% avec un handicap sévère (mRS ≥4).
  • Le risque de handicap résiduel et de décès était plus élevé chez les sujets dont au moins un échantillon de fluide biologique était positif au virus Zika (Odds ratio, 9,19 [1,12-75,22]).

Limitations

L’étude a porté sur des patients hospitalisés qui représentaient vraisemblablement les cas les plus sévères.