NAFLD et NASH : enfin un traitement prometteur en cours d’évaluation ?

  • Traussnigg S & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 1 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude de phase 2, chez des sujets souffrant de stéatose hépatique non alcoolique (ou NAFLD pour non-alcoholic fatty liver disease), montrent qu’un traitement à base d’acide norursodésoxycholique à la dose de 1,5 g/jour durant 12 semaines réduirait significativement les concentrations sériques d’alanine aminotransférase (ALAT) tout en étant bien toléré. Des analyses par IRM ont même montré la diminution de la fraction de graisses hépatiques chez ces sujets. D’autres études sont encore nécessaires pour juger de l’efficacité de ce traitement sur une plus large population de patients souffrant de NAFLD ou de stéatohépatite non alcoolique (ou NASH pour non-alcoholic steatohepatitis).

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La résistance à l’insuline, le stress oxydatif et l’inflammation jouent un rôle majeur dans la pathogenèse de la NAFLD et sa progression vers la NASH, le développement de fibroses, d’une cirrhose, d’insuffisance hépatique aiguë ou d’un carcinome hépatocellulaire. À ce jour, les modifications de l’alimentation en vue d’une réduction de poids et l’augmentation de l’activité physique constituent le socle de la prise en charge de la NAFLD. Aucun traitement n’est encore approuvé dans ce domaine. L’acide ursodésoxycholique est un acide biliaire naturel présent en faible quantité chez l’Homme, qui a montré quelques bénéfices cliniques dans ce contexte. L’acide norursodésoxycholique (un homologue de l’acide ursodésoxycholique) a montré sur modèle murin qu’il pouvait réduire la stéatose hépatique, l’inflammation et la fibrose.

Méthodologie

Cette étude est un essai de phase 2, multicentrique, randomisé, mené en double aveugle, contrôlé versus placebo. Les sujets inclus devaient avoir une NAFLD, être diabétiques ou non et avoir une concentration en alanine aminotransférase (ALAT) supérieure à 0,8 fois la limite normale supérieure (28 unités/L pour les femmes et 40 unités/L pour les hommes). Ceux-ci ont été randomisés (1:1:1) afin de recevoir durant 12 semaines, de l’ac. norursodéoxycholique en capsule à raison de 0,5mg ou 1,5g par jour, ou un placebo. Un suivi a ensuite été réalisé durant 4 semaines. 

Principaux résultats

À l’inclusion, 92% des sujets avaient reçu un diagnostic de NAFLD depuis un délai médian de 2,4 ans et 8% étaient nouvellement diagnostiqués (

Au total, 9% des patients sous acide norursodésoxycholique 1,5g/j et 3% de ceux sous 0,5g et 3% sous placebo ont arrêté leur traitement pour cause d’événements indésirables. La proportion des événements indésirables graves s’est révélée similaire dans les différents groupes. Les événements indésirables les plus fréquents étaient des maux de tête, des troubles gastro-intestinaux et des infections.

Financements

Étude financée par Dr Falk Pharma GmbH.