Myopie : développement d’un score de risque polygénique pour repérer les enfants à risque

  • Ghorbani Mojarrad N & al.
  • JAMA Ophthalmol
  • 31 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Il est possible d’obtenir un score de risque polygénique doté d’une sensibilité et d’une spécificité satisfaisantes (aire sous courbe ROC : 0,674) à partir de trois variants génétiques relatifs à trois caractéristiques : l’importance de la myopie, l’âge de la première correction et le niveau d’éducation atteint (un trait génétiquement corrélé avec une erreur de réfraction). Il permet de distinguer les enfants à haut risque ou très haut risque (multiplié par 3 à 5, ou par 4,5 à 6,5 respectivement) et développant une myopie, des autres. Il constitue aussi un progrès par rapport au score précédemment développé dans une étude et fondé sur deux des trois paramètres utilisés ici : les auteurs ont posé l’hypothèse qu’inclure les variants génétiques liés au niveau d’éducation pourrait en améliorer le pouvoir discriminant. Leurs résultats confirme cette amélioration pour la catégorie d’enfants à risque de myopie (au moins -0,75 dioptries), et non pour ceux à risque modéré (au moins -3,00 dioptries) ou sévère (au moins -5,00 dioptries).

Prédire pour prévenir

L’utilisation d’un score de risque polygénique pourrait offrir l’occasion de prendre en charge préventivement les enfants avant même les premiers symptômes (activités extérieures) ou de ralentir leur progression une fois apparus (lentilles d’orthokératologie, atropine). L’avantage d’un tel score est de proposer une évaluation du risque à partir d’une simple prise de sang, sans nécessiter de consultation d’ophtalmologie. Il pourrait être utilisé dès le plus jeune âge.

Exploitation de trois larges études GWAS

Les chercheurs ont utilisé trois larges études GWAS ( Genome Wide Association Study ) dans ce travail afin de développer le score de risque polygénique : chacune s’est intéressée au niveau d'instruction, à la sévérité du défaut de réfraction et à l’âge des premières lunettes, issues de la UK Biobank (n=383.067). Il a ensuite été validé à partir d’une cohorte britannique mère-enfant (ALSPAC,n=1.516).

Un score identifiant les 35% d’enfants les plus à risque

Le score ainsi établi a permis d’obtenir une aire sous courbe ROC de 0,674 [0,65-0,70] pour la myopie, de 0,75 [0,70-0,79] pour la myopie modérée et de 0,73 [0,66-0,80] pour la myopie sévère. Ce résultat permet d’améliorer le score de risque qui avait été établi précédemment sans intégrer les variants associés au niveau d'instruction (0,674 vs 0,668, p=0,02) pour la myopie. Les résultats étaient identiques pour les catégories de myopie modérée et de myopie sévère.

Les personnes présentant le score de risque dans le décile supérieur ou dans le quartile supérieur étaient respectivement 6,1 fois [3,4-10,9] et 4,9 fois [2,81-8,72] plus exposées que les autres à un risque de myopie sévère.